Coronavirus: Macron promet un vaccin pour chaque adulte d'ici la fin de l'été

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CORONAVIRUS: MACRON PROMET UN VACCIN POUR CHAQUE ADULTE D'ICI LA FIN DE L'ÉTÉ

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a estimé mardi que la France serait en mesure de proposer un vaccin à toute sa population adulte avant la fin de l'été, compte tenu des contrats signés au niveau européen.

Le président de la République, qui s'exprimait sur TF1 à l'issue d'une réunion sur les vaccins COVID-19 à l'Elysée, a déclaré que l'Union européenne avait "aujourd'hui sécurisé 2,3 milliards (de doses) de vaccin".

Emmanuel Macron a ajouté néanmoins que la campagne de vaccination à elle seule ne pourrait répondre dans l'immédiat à la pression épidémique, sans pour autant évoquer la perspective d'un nouveau confinement.

A court terme, il a exhorté les Français à se montrer "collectivement extraordinairement responsables, comme ils le sont depuis plusieurs semaines".

"On va continuer à gérer ainsi cette épidémie avec un objectif, qui est de protéger les plus faibles, notre système de santé et de pouvoir aussi protéger au maximum notre jeunesse", a déclaré le chef de l'Etat.

"Chaque jour, nous vérifions les chiffres, chaque jour nous suivons la situation, elle est extrêmement tendue, mais j'ai confiance dans notre capacité à nous mobiliser", a ajouté Emmanuel Macron.

Le président de la République a réuni dans l'après-midi plusieurs ministres et des représentants de groupes pharmaceutiques pour faire le point sur la vaccination.

"Nous avons aujourd'hui sécurisé au niveau européen pour environ 2,3 milliards de vaccins. Nous espérons faire plus si on arrive à plus vite homologuer de nouveaux vaccins et à accélérer la production de certains autres", a expliqué Emmanuel Macron.

"Compte tenu des contrats que nous avons sécurisé au niveau européen, ça signifie pour la France que pour tous les adultes qui le souhaiteront, nous serons en mesure de leur proposer un vaccin avant la fin de l'été."

Emmanuel Macron a également déclaré que début mars, l'ensemble des résidents d'Ehpad et des plus de 75 ans qui le souhaitent auront été vaccinés.

QUATRE SITES DE PRODUCTION EN FRANCE

Trois vaccins ont été approuvés à cette date en France, ceux de Pfizer-BioNTech (, Moderna et AstraZeneca (pour les moins de 65 ans).

"On a de la visibilité maintenant sur les prochaines semaines", a déclaré Emmanuel Macron à propos des récents problèmes de réduction des livraisons des doses de vaccin en Europe. "Ce qu'on veut faire, c'est produire encore davantage", a-t-il dit, ajoutant que quatre sites en France produiraient des vaccins à partir de fin février-début mars.

Selon franceinfo, ces sites appartiennent aux laboratoires Recipharm, Delpharm, Fareva et Sanofi. Recipharm, situé en Indre-et-Loire, a signé un contrat avec Moderna, une annonce connue depuis décembre. Delpharm, en Eure-et-Loir, va produire le vaccin de Pfizer/BioNTech à partir de mars-avril.

Fareva, à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, produira le vaccin développé par Curevac quand il sera validé, donc pas avant avril, et Sanofi produira à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), quand il aura un vaccin, c'est-à-dire pas avant la fin 2021, a précisé franceinfo.

Face aux variants qui inquiètent en raison d'une plus forte contagiosité, "on doit tout de suite prévoir ce qu'on doit produire à l'automne-hiver prochain pour faire face à une éventuelle évolution du virus", a-t-il poursuivi. "Ça se prépare dès maintenant pour pouvoir avoir les sites de production et les doses à l'automne, l'hiver, ou début de l'année prochaine."

Interrogé sur le fait de savoir si, comme Angela Merkel, il considérait que le vaccin russe Spoutnik V serait le bienvenu en France en cas d'homologation, le président de la République a répondu par l'affirmative.

"On a vu aujourd'hui des publications qui semblent indiquer une très forte efficacité du vaccin Spoutnik", a-t-il dit. "A la minute où il déposera (une demande d'autorisation), les autorités européennes et nationales regarderont scientifiquement et de manière indépendante ce vaccin et l'homologueront ou pas. Ce n'est pas une décision politique."

(Jean-Stéphane Brosse)