Coronavirus: L'OMS dénonce la lenteur "inacceptable" de la vaccination en Europe

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CORONAVIRUS: L'OMS DÉNONCE LA LENTEUR "INACCEPTABLE" DE LA VACCINATION EN EUROPE

ZURICH (Reuters) - La lenteur du déploiement de la vaccination contre le COVID-19 en Europe est "inacceptable", a estimé jeudi le directeur régional pour l'Europe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), craignant que ces délais ne prolongent la pandémie alors que la circulation des variants s'accélère.

Selon Hans Kluge, seulement 10% de la population européenne a reçu une primo-injection, la proportion d'Européens ayant reçu le nombre total de doses prévu par vaccin n'atteignant que 4%.

"Le déploiement de ces vaccins se fait avec une lenteur inacceptable", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Nous devons accélérer le mouvement en intensifiant la fabrication, en réduisant les freins à l'administration des vaccins et en utilisant la moindre dose disponible, et ce, dès maintenant", a-t-il insisté.

Si le taux d'infection a baissé chez les plus de 80 ans - signe que la vaccination des seniors s'avère efficace - il continue de progresser dans toutes les autres tranches d'âge, le début poussif des campagnes de vaccination laissant les plus jeunes vulnérables à la contamination par le coronavirus.

"L'accélération de la vaccination est cruciale", a plaidé Hans Kluge dans ce communiqué, d'autant plus que des variants inquiétants continuent de se propager, que les hôpitaux sont soumis à une pression croissante et que les fêtes religieuses des prochaines semaines (Pâques, Pessah et début du ramadan) vont entraîner des déplacements plus nombreux.

L'Europe a été plus lente que le Royaume-Uni et les Etats-Unis, non seulement dans les commandes de vaccins aux laboratoires l'an dernier mais aussi dans les procédures d'autorisation de ces produits. Et même après la validation par les régulateurs, le taux de vaccination est resté largement à la traîne de celui observé chez les Britanniques et les Américains.

Au-delà d'un approvisionnement restreint, de tensions autour des exportations et des retards dans la livraison de certains vaccins, les inquiétudes autour du vaccin d'AstraZeneca, développé avec l'université d'Oxford, ont également freiné les campagnes de vaccination.

Plusieurs cas de troubles thromboemboliques - très rares mais sévères - survenus chez des personnes ayant reçu récemment ce vaccin ont conduit plusieurs pays à restreindre son utilisation à certaines populations, même si l'OMS et l'Agence européenne du médicament (EMA) ont réaffirmé que le bénéfice du vaccin du laboratoire anglo-suédois restait largement supérieur au risque d'effets indésirables.

L'EMA a annoncé mercredi n'avoir pas constaté à ce jour de lien avéré entre ce vaccin, désormais nommé Vaxzevria, et l'apparition de caillots sanguins atypiques (thrombose) susceptibles de migrer pour aller boucher des vaisseaux dans certains organes (embolie).

L'agence basée à Amsterdam, qui continue d'analyser les cas signalés par les Etats membres, a également souligné ne pas avoir identifié de facteur de risque à ce stade.

(John Miller ; version française Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey)