Coronavirus : le livre, un bien de première nécessité ?

Les librairies, commerces non essentiels, ont baissé le rideau depuis le début du confinement. Pourtant, il est encore possible de trouver des ouvrages dans les Maisons de la presse qui, elles, sont toujours ouvertes. "Je suis bien content de pouvoir les trouver ici, près de chez moi, et non pas d'être obligé dans un supermarché du livre ou même de les commander par un système comme Amazon", estime un lecteur assidu interrogé dans le magasin.

Face aux accusations de concurrence déloyale, mais surtout pour des problèmes logistiques, Amazon et les autres sites de livraison, ont décidé de ne plus livrer les denrées non essentielles. Ces maisons de la presse sont donc le dernier moyen d'acheter des livres en période de confinement. "Il n'y a plus de livraisons en librairies, il n'y a plus de possibilités de commande, on fait avec le stock que l'on a, explique une vendeuse de livres. À un moment donné, on va aussi arriver à nos limites".

En Belgique, où des mesures similaires ont été prises, des libraires ont décidé de maintenir malgré tout leur activité, tout en adaptant profondément leur fonctionnement. "J'ai inventé la librairie de garde, sur le même principe que la pharmacie de garde, affirme ce libraire belge. Les gens nous envoient un mail ou nous téléphonent sur nos horaires de permanence, entre 12h et 17h, et on prépare les livres comme on peut".

Une solution envisagée en France par le ministre de l'Économie la semaine dernière, mais le syndicat des libraires refuse de l'appliquer. "La question n'est pas d'ouvrir une heure ou une demi-heure ou de fermer complètement, commente le dirigeant syndical. Il y a une urgence sanitaire. Respectons-la." Et si vraiment, vous ne pouvez pas vous passer de lecture, il reste une solution, certainement la plus sûre : vous tourner vers les éditions numériques. La grande majorité des librairies en France proposent ce type de services sur leur site Internet.