Coronavirus: l'Italie ferme les entreprises «non essentielles»

Pour tenter de mieux endiguer la propagation du Covid-19, le président du conseil italien Giuseppe Conte a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche 22 mars l'arrêt jusqu'au 3 avril de « toute activité de production » qui ne serait pas indispensable pour garantir l'approvisionnement de biens essentiels à la population.

Gisueppe Conte l'a reconnu : c'est une « décision pas facile ». Son gouvernement a effectué un « pas supplémentaire » dans les mesures restrictives pour tenter d'endiguer la pandémie provoquée par le coronavirus. « On ne peut pas cacher la réalité qui est chaque jour sous nos yeux. C'est la crise la plus grave traversée par le pays depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Le président du Conseil n'a pas précisé la liste des activités considérées comme essentielles. Mais il a expliqué avoir « travaillé avec les syndicats pour faire une liste détaillée des filières les plus nécessaires au fonctionnement de l'État dans cette phase d'urgence ».

Cependant, Guiseppe Conte a tenu à rassurer : « on ralentit le moteur productif du pays, mais on ne l'arrête pas ». Ainsi, les pharmacies, les supermarchés et magasins d'alimentation, les services postaux, financiers et d'assurance, les transports continueront de fonctionner.

« Protéger les travailleurs »

Ces nouvelles annonces interviennent après de nombreux appels de responsables du nord du pays et de médecins pour lui demander de renforcer encore les restrictions imposées aux Italiens. « Le gouvernement a fait un choix très dur mais nécessaire pour protéger les travailleurs », a réagi le maire de Bergame Giorgio Gori, dont la province est la plus touchée en Italie avec celle de Brescia.

L'Italie paye un tribut effroyable à la pandémie, le plus lourd dans le monde, avec près de 5 000 morts, selon un bilan annoncé ce samedi soir. Près de 3 000 personnes restent en soins intensifs dans le pays.

Hôpitaux saturés en Lombardie

Aujourd’hui, aucun expert ne peut de dire quand les mesures de confinement auront des résultats visibles. Seule certitude : l’Italie entre dans une phase de contagion aigüe et les hôpitaux des régions du Nord les plus industrialisées, notamment la Lombardie, sont saturés. Ils manquent cruellement de respirateurs artificiels et d’équipements de protection individuelle.

Dans ces conditions, il est impossible de pouvoir garantir des soins adaptés aux patients. Il faut donc absolument freiner la progression du virus. Voilà pourquoi, a justifié Giuseppe Conte, « le gouvernement interviendra avec des mesures extraordinaires qui nous permettrons de relever la tete et de nous relancer, aussi tôt que possible. Ensemble nous y arriverons ! »

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