Coronavirus: l'Italie ferme tous les commerces sauf pour l'alimentation et la santé

L’Italie donne un tour de vis supplémentaire dans sa bataille contre le coronavirus, alors que le pays est déjà très au ralenti depuis la décision de passer en « zone  rouge » prise le 9 mars. Les nouvelles et fortes restrictions annoncées par le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, concernent encore une fois toute la péninsule pour une période de deux semaines. Mais une prolongation n'est pas exclue.

Avec nos correspondantes à Rome, Anne Le Nir et Anne Tréca

Cette fois le gouvernement a frappé très fort, ordonnant la fermeture jusqu’au 3 avril d’à peu près tout ce qui n’est indispensable. Giuseppe Conte, le Premier ministre italien l’a dit avec des mots simples mais fermes : l’épidémie progresse, il faut prendre des mesures d’isolement encore plus radicales.

Tous les magasins seront fermés à l’exception des supermarchés, des pharmacies et kiosques à journaux. Bars, restaurants, boucheries, charcuteries, boutiques de vêtements, salons de coiffure aux librairies et magasins de jouets ont fermé dès mercredi soir.

Les banques et les bureaux de poste resteront ouverts. Les transports publics seront opérationnels. Mais, même à pied, la circulation des personnes sera contrôlée par la police et les carabiniers, qui leur demanderont de justifier leur déplacement.

Les entreprises, bureaux privés et publics devront, autant que faire se peut mettre en congé leurs salariés ou avoir recours au télétravail. Pour ne pas bloquer totalement l’économie, les usines pourront ne pas interrompre leurs activités productives, à condition que toutes les mesures de sécurité prévues pour lutter contre le coronavirus soient garanties.

La distance, c’est le maître mot de cet effort national contre l’épidémie. Pour mieux nous embrasser demain , promet le chef du gouvernement. Giuseppe Conte le dit avec des mots sobres, graves, mais sans dramatiser. En gardant bien les distances de sécurité, les Italiens à qui nous avons demandé s'ils seraient prêts à de nouveaux « sacrifices » nous ont tous dit « oui ». Ils sont unanimes: « Il faut stopper ce virus qui nous met tous en péril ».

Les gouverneurs des région du Nord, les plus touchées, réclamaient ces mesures à cor et à cri depuis plusieurs jours. Les Italiens y étaient préparés, le doute planait sur la zone concernée. Maintenant c’est clair, c’est toute l’Italie qui vit un couvre-feu.