Coronavirus: l'Italie envisage un nouveau plan d'aide de 24 milliards d'euros

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Sur le front du Covid-19, le gouvernement italien envisage un nouveau plan d'aide pour soutenir son système de santé ainsi que l'économie durement frappés par la crise du coronavirus.


Le plan de soutien s'élève à 24 milliards d'euros, l'équivalent d'un point et demi du Produit intérieur brut (PIB) italien. Cet argent servira notamment pour acheter, distribuer et réaliser des vaccinations. Au total, 3 milliards sont prévus pour aider les hôpitaux et le système de santé italien à lutter contre le Covid-19.

L'aide sera en outre utilisée pour refinancer les mesures de soutien aux gouvernements locaux. Une autre enveloppe, enfin, servira pour accorder des subventions aux entreprises qui restent fermées en raison de restrictions sanitaires.

Le nouveau plan a été annoncé par le gouvernement de Giuseppe Conte, alors que les critiques fusent en Italie sur la façon dont sont gérés les 209 milliards d'euros d'aide attribués par Bruxelles pour lutter contre la crise. L'Europe veut des garanties que les fonds seront bien utilisés, sinon elle pourrait bien les annuler.

L'enjeu est énorme. La péninsule figure à l'avant-dernière place des 27 en raison de son incapacité à dépenser les fonds structurels européens.

♦ À Codogno, on veut tourner la page

Avec notre envoyée spéciale à Codogno, Juliette Gheerbrant

Avec plus de 25 000 morts depuis le début de la pandémie la Lombardie est la région la plus touchée d’Italie. Aujourd’hui encore, c’est là que la pandémie est la plus forte, même si la situation n’a rien de comparable avec celle du printemps qui a profondément marqué les esprits. À Codogno, première ville confinée d’Europe, les habitants tentent de tourner la page. Reportage.

Sur la place de l’église de Codogno, le bar offre un peu de convivialité ce dimanche matin grâce à la vente à emporter. Avec quelques amis, Luigi Bassi évoque le souvenir brûlant de la première vague de Covid : « Février, mars, avril de l’an dernier, avec l’armée à chaque sortie de la ville qui bloquait tout, pour nous ça a été vraiment terrible. »

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Se retrouver un café à la main même à bonne distance c’est important. Giovanni Barbaglio, psychothérapeute, voit beaucoup de cas d'anxiété liés au manque de vie sociale : « Les gens ont recours à un lien social déformé, comme si Facebook, la visio ou Twitter pouvaient remplacer le contact et permettre un développement équilibré. Non. Ce sont des palliatifs qui à la longue se révèlent fragiles. »

Giovanni Barbaglio craint aussi que les frustrations créent des tensions. Beaucoup, comme Marco trouvent les restrictions trop pesantes. « Ici, on n'a pas le même taux de contagion qu’à Milan. On nous met en zone orange, mais on devrait être en jaune. »

Mais la jeune Giorgia Prodili, elle, n'a qu’un objectif, tenir. « On voudrait tous retrouver une vie normale oui, mais il faut surtout apprendre à vivre avec le virus, c’est l'avenir qui est en jeu. Moi je vis dans le petit village de Castiglione d’Adda où il y a eu 90 décès en un mois et demi, je sais ce qu'est la mort. » Et ce qu'exprime Giorgia est très répandu, ici : tout plutôt que revivre le cauchemar