Coronavirus : l'immunité pourrait finalement durer « des années »

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

La question de la durée de l’immunité dans la Covid-19 est primordiale pour espérer mieux comprendre l’évolution de la pandémie. Faible, elle ne permettra jamais d’arriver à une immunité collective. Si, en revanche, cette immunité dure des années, on peut espérer que le virus s’éteindra de lui-même faute de combattants. Malheureusement, les différentes études sur le sujet sont contradictoires. Car l’immunité est bien plus compliquée qu’une simple histoire d’anticorps.

Pas un seul jour ou presque sans que ne tombe une nouvelle étude sur la durée de l’immunité au coronavirus. Certaines plutôt rassurantes, mettant en avant un niveau d’anticorps significatif après plusieurs mois, d’autres alertant au contraire sur la faible durée de ces anticorps, notamment chez les personnes asymptomatiques ou ayant développé des formes peu sévères. Certains patients n’en développent même pas du tout ! Or, cette question est fondamentale si l’on veut entrevoir la fin de l’épidémie : si la durée de l’immunité est faible, il faut s’attendre à des vagues successives sans fin et à devoir multiplier les rappels de vaccin. Si, au contraire, elle dure des années, le virus disparaîtra lorsque suffisamment de personnes auront été immunisées.

Les anticorps : seulement une petite partie du tableau immunitaire

La majeure partie des études se focalisent sur les anticorps qui apportent la réponse la plus directe et la plus rapide pour combattre les virus. Sauf que le système immunitaire est bien plus complexe que cela et dispose d’autres moyens pour se protéger. Une large étude, encore non relue et publiée sur le serveur bioRxiv, suggère qu’en prenant en compte l’ensemble de la réponse immunitaire, nous pourrions être protégés du coronavirus pendant « des années », voire « des décennies ».

Évolution des différentes composantes de la réponse immunitaire près l’infection : anticorps IgA, IgB, IgG, lymphocytes T CD4 et CD8. © Jennifer Dan et al., bioXriv, 2020
Évolution des différentes composantes de la réponse immunitaire près l’infection : anticorps IgA, IgB, IgG, lymphocytes T CD4 et CD8. © Jennifer Dan et al., bioXriv, 2020

Les chercheurs se sont penchés sur les quatre principales composantes de la réponse immunitaire, à savoir les anticorps, les lymphocytes B, ainsi que les lymphocytes T CD8+ et T CD4+. Les échantillons ont été prélevés chez 189 patients américains, âgés de 19 à 81 ans, la plupart présentant des symptômes légers. Non seulement les chercheurs ont noté une baisse relativement modeste des anticorps 6 à 8 mois après l’infection mais ils se sont aperçus que le nombre de cellules B était en hausse — une surprise non...

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