Coronavirus: L'EMA examine le vaccin de J&J après des cas suspects

par Pushkala Aripaka et Manas Mishra
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CORONAVIRUS: L'EMA EXAMINE LE VACCIN DE J&J APRÈS DES CAS SUSPECTS

par Pushkala Aripaka et Manas Mishra

(Reuters) - L'Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré vendredi examiner les données du vaccin contre le COVID-19 de Johnson & Johnson (J&J) après quatre cas suspects de caillots sanguins signalés chez des personnes ayant reçu le produit et elle a dit étendre son enquête sur le vaccin d'AstraZeneca après le signalement de problèmes de vaisseaux sanguins.

Sur les quatre cas graves de caillots sanguins et de faibles taux de plaquettes dans le sang, trois sont survenus aux Etats-Unis à la suite d'une inoculation du vaccin développé par Janssen, filiale de J&J, a précisé l'EMA. Un patient est décédé, tandis que le quatrième cas concerne un essai clinique, a indiqué l'agence.

Johnson & Johnson a dit être au courant de ces cas de caillots sanguins et a assuré travailler avec les autorités de régulation pour analyser les données.

"À l'heure actuelle, aucun lien de cause à effet clair n'a été établi entre ces événements rares et le vaccin anti-COVID-19 de Janssen", écrit le laboratoire américain dans un communiqué.

L'EMA a également indiqué qu'il n'y avait pas pour le moment de lien de causalité entre les vaccins contre le COVID-19 de J&J et d'Astrazeneca et les effets indésirables rapportés. Elle a ajouté que son comité d'évaluation des risques en pharmacovigilance déciderait si de nouvelles mesures s'imposent, notamment l'obligation d'amender les notices des vaccins sur les risques encourus.

Le vaccin d'AstraZeneca fait depuis des semaines l'objet de suspicions liées à des caillots sanguins. Plusieurs pays européens ont suspendu son utilisation le mois dernier sur fond d'inquiétudes sur un éventuel risque thromboembolique avant de reprendre les injections avec ce produit.

Plusieurs pays en Europe et en Asie ont cependant choisi de restreindre l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca, baptisé Vaxzevria, à une certaine tranche de la population, après un avis rendu cette semaine par l'EMA, qui a fait état d'un possible lien entre vaccin du laboratoire anglo-suédois et de très rares cas de caillots sanguins.

En France, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé vendredi de recourir aux vaccins à ARN messager (ARNm) contre le COVID-19 pour le rappel chez les personnes âgées de moins de 55 ans ayant reçu en première dose le Vaxzeria d'AstraZeneca, qui ne sont plus éligibles à ce produit réservé désormais aux populations les plus âgées.

L'Agence européenne des médicaments réaffirme toutefois que les avantages du vaccin l'emportent sur les risques.

Le vaccin de J&J, qui ne nécessite qu'une seule dose, a été approuvé par l'EMA mais son déploiement en Europe n'a pas encore commencé. Ce vaccin est principalement utilisé aux Etats-Unis.

Concernant les nouveaux effets indésirables du vaccin d'AstraZeneca, l'EMA a indiqué avoir été informé de cinq cas de syndrome de fuite capillaire, caractérisée par une augmentation de la taille des cavités des vaisseaux sanguins.

Le syndrome de fuite capillaire entraîne une diffusion du sang des petits vaisseaux vers les muscles et une baisse de la pression artérielle. AstraZeneca n'a pas répondu dans l'immédiat répondu à une demande de commentaire.

(Pushkala Aripaka, Manas Mishra à Bangalore etKate Kelland à Londres; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)