Coronavirus : "L’industrie à une sérieuse chance d’avoir un vaccin disponible l’année prochaine", affirme Stéphane Bancel

"Nous allons démarrer bientôt une phase 3 en juillet sur 30 000 personnes. On pourrait estimer les résultats à l’automne, avec potentiellement une approbation d'un vaccin soit en fin d’année soit en début d’année prochaine", explique Stéphane Bancel, PDG du laboratoire Moderna, invité des "4 Vérités" de France 2, jeudi 25 juin. Comment Moderna peut-elle être si confiante ? "Je pense que l’on a eu de la chance au niveau mondial, c’est que le Covid-19 n’est pas un virus très compliqué au niveau biologique. Pensez au VIH, il a été découvert il y a 40 ans et on n’a toujours pas de vaccin contre le VIH", relate le PDG de Moderna. "La sécurité des personnes volontaires dans des effets cliniques est primordiale. On donne des vaccins à des personnes saines qui ne sont pas malades et c’est très différent des médicaments. Ce que l’on a fait avec l’agence réglementaire américaine c’est que l’on a analysé toutes les manières de couper du temps dans le développement notamment concernant les risques financiers. Donc nous en avons pris beaucoup, entre autres avec l’aide du gouvernement américain, qui nous a donné 500 millions de dollars de financement pour l’essai clinique", indique Stéphane Bancel. Le premier servi sera le premier à approuver le vaccin "On aura une bonne idée pendant l’automne. Ce que l’on sait aujourd’hui c’est que le vaccin protège les animaux […] [avec les animaux] on a une protection totale contre le virus, on ne peut pas trouver de copie de virus dans le poumon des animaux", précise le PDG de Moderna. Y aura-t-il un vaccin européen, un vaccin chinois ? "On va sans doute avoir des vaccins de société qui sont basées dans plusieurs continents et l’intérêt est qu’on soit capable de protéger des gens dans plusieurs pays", indique Stéphane Bancel. Le virus deviendra-t-il un bien commun de l’humanité ? "La recherche scientifique est très importante et c’est une crise de santé publique qui a démarré par un virus. C’est un partenariat entre les États et les sociétés qui est vraiment sans précédent à mes yeux", explique Stéphane Bancel. Les Américains ne seront "pas nécessairement" les premiers servis. C’est le premier pays qui approuvera ce vaccin [qui sera le premier servi]", ajoute-t-il. "L’échec est possible mais par rapport à une autre maladie. l'industrie à une sérieuse chance (à 80-90%) d’avoir un vaccin disponible l’année prochaine", conclut Stéphane Banccel.