Coronavirus: l'"anticipation" en France a été "sans commune mesure avec les autres pays européens"

S. V.
L'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn le 30 juin 2020 devant la commission d'enquête Covid-19 de l'Assemblée nationale. - BFMTV

L'"anticipation" en France face à l'épidémie de coronavirus a été "sans commune mesure avec les autres pays européens" et "toujours en avance" par rapport aux alertes des organisations internationales, a affirmé mardi l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"Vous ne pouvez pas dire qu'on n'a pas été réactifs", a-t-elle insisté devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, détaillant les décisions prises dès début janvier, alors que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne proclame l'urgence internationale que le 30 janvier.

Agnès Buzyn assure avoir eu "l'intuition" dès le 22 janvier de la potentielle gravité de l'épidémie, lorsque l'information selon laquelle le nouveau coronavirus pouvait se transmettre d'un être humain à un autre a été connue. Elle ajoute avoir immédiatement demandé un état de lieux de tous les stocks d'équipements de protection, et notamment de masques, ainsi que du nombre de lits de réanimation et de respirateurs, et avoir lancé une première commande d'un million de masques FFP2, plus protecteurs, absents de stocks stratégiques d'Etat.

"Je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque"

La ministre détaille avoir également demandé à Santé publique France "trois scénarios d'évolution de l'épidémie", demandé aux structures de recherche "un protocole de recherche" avec les médicaments déjà disponibles.

Deux jours avant son départ du ministère pour s'engager dans la campagne des municipales à Paris, le 16 février, le Centre européen de prévention et contrôle des maladies évaluait encore le risque pour la capacité des systèmes de santé européen comme "faible à modéré", a-t-elle souligné. "Le risque associé à l'infection par le SARS-CoV-2 pour la population de l'UE et du Royaume-Uni est actuellement faible", écrit alors l'organisme.

"Je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque et j'ai préparé notre système de santé" avant de quitter le ministère, a-t-elle encore affirmé, ajoutant "assume(r) totalement les décisions prises par (ses) services et (son) ministère".

Après avoir auditionné des experts, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale chargée d'évaluer la gestion française de la crise sanitaire entend cette semaine des anciens ministres de la Santé. Après Mme Buzyn, elle doit recevoir Marisol Touraine et Roselyne Bachelot mercredi puis Xavier Bertrand jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com