Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie le samedi 25 avril

Alors que la barre symbolique des 200 000 morts va être franchie, le monde compte 2 849 millions de cas de contamination au nouveau coronavirus. L’OMS rappelle que rien ne prouve que les anciens malades sont immunisés.

  • 369 décès supplémentaires en France

L'épidémie fait 22 614 morts en France avec 369 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, mais le nombre de patients hospitalisés en réanimation poursuit sa baisse. Le gouvernement planche sur son plan de sortie du confinement à partir du 11 mai. Le ministre de la Santé Olivier Véran défend l'action de l'Etat dans la crise durant une visite dans un laboratoire de tests en banlieue parisienne. « Tester l'ensemble des Français pour savoir s'ils sont porteurs du coronavirus serait impossible et n'a pas de sens du niveau médical », estime le ministre qui réaffirme la « priorité » donnée au dépistage des malades. Plus de 10 800 places d'hôtel supplémentaires sont désormais mobilisées pour les sans-abri, annonce son ministère

Un guide de Haute-Savoie et un médecin de la région parisienne réclament « un accès responsable à la nature » durant la période de confinement dans une pétition en ligne qui recueille ce samedi plus de 75 000 signatures. L'interdiction de la pratique des activités de plein air, « autorisés en Allemagne », ne repose « sur aucun critère de sécurité sanitaire », selon eux.

  • Le Royaume-Uni dépasse les 20 000 morts à l'hôpital

Au Royaume-Uni, 20 319 personnes ont perdu la vie dans les hôpitaux britanniques, soit 813 de plus que dans le précédent bilan fourni hier. Ce comptage quotidien ne prend toujours pas en compte les maisons de retraite où plusieurs milliers de personnes âgées sont mortes. A l'heure où certains pays européens commencent à amorcer un assouplissement des mesures de confinement, la pression s'intensifie pour que le gouvernement conservateur révèle sa stratégie à ce sujet.

La Belgique prévoit d'assouplir graduellement à partir du 4 mai les restrictions afin de permettre une réouverture progressive du pays. La Première ministre Sophie Wilmes déclare que le pays pourrait « ajouter des restrictions ou reporter leur assouplissement en fonction de l'évolution de la situation sanitaire ».

L'Italie enregistre 415 nouveaux décès, soit le bilan quotidien le plus faible depuis le 17 mars dernier. Au total, 26 384 personnes sont mortes de la maladie dans le pays. Le nombre de nouveaux cas de contamination est quant à lui le plus bas depuis cinq jours (2 357 contre 3 021 vendredi), ce qui porte le nombre total à 195 351.

L'Espagne est après l’Italie le pays le plus touché en Europe. Elle compte désormais 22 902 victimes selon un bilan publié par la presse nationale. Elle enregistre 378 décès supplémentaires en 24 heures, un chiffre légèrement supérieur à celui de la veille (367). Le nombre de cas s'élève à 223 759 contre 219 764 hier. L'Espagne va assouplir son confinement a annoncé samedi soir le chef du gouvernement, Pedro Sanchez qui présentera son plan de déconfinement mardi prochain. Dès ce dimanche 26 avril, les enfants, soumis à un strict confinement depuis le 14 mars sont autorisés à sortir de chez eux.

  • Pas de liberté de descendre dans la rue pour célébrer la révolution portugaise

Le Portugal célèbre le 46e anniversaire de la Révolution des œillets.  Pour contourner l'interdiction de se rassembler pour les traditionnels défilés populaires, les Portugais chantent à leurs fenêtres Grandola Vila Morena, symbole du coup d'Etat militaire, puis l'hymne national. Elisabete Figueiredo, professeure d'université est l’une des premières à avoir suggéré cette célébration. Elle regrette le confinement. « Ce qui définit le 25-avril, c'est cette liberté de descendre dans la rue pour célébrer la fin d'une triste époque de notre histoire », dit-elle. Au Parlement, les principaux responsables politiques ont participé dans la matinée à une cérémonie réduite a minima, afin de respecter les règles sanitaires de distanciation sociale. Le Portugal, qui n'a pas été frappé aussi durement que l'Espagne voisine, a tout de même recensé 880 morts et plus de 23 000 cas déclarés, selon un bilan officiel.

  • Laisser passer les travailleurs transfrontaliers

En Pologne, le ministre de la Santé juge que reporter jusqu'en 2022 l'élection présidentielle prévue en mai serait « la seule option sûre » dans le contexte actuel de pandémie. La candidate d'opposition à l'élection, Malgorzata Kidawa-Blonska, avait qualifié de « coup d'Etat » le maintien du vote le 10 mai.

Un responsable allemand demande l'assouplissement de restrictions sur les voyages imposées par la Pologne au lendemain d'une manifestation de centaines de travailleurs transfrontaliers, empêchés de rejoindre quotidiennement leur poste de travail.

Après les Pays-Bas hier, la Pologne annonce aujourd’hui la reprise de son championnat de football. La date du vendredi 29 mai a été choisie et les rencontres se dérouleront en l'absence de public, annonce le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. Les joueurs, pour le moment confinés, pourront reprendre l'entraînement bientôt, dans un cadre sanitaire très strict. M. Morawiecki a pris la même décision concernant le speedway, un sport moto très populaire en Pologne et dont la compétition annuelle attire des sportifs du monde entier. La première course devrait se dérouler le 12 juin, là aussi en l'absence du public. La Premier League anglaise envisage une reprise de la saison le 8 juin. Là encore, les rencontres se dérouleront à huis clos

En Russie, un pavillon d'un centre d'exposition de Saint-Pétersbourg habituellement utilisé pour le principal forum économique russe a été transformé en hôpital, annoncent les autorités locales. Cet établissement destiné à accueillir mille patients parmi les moins grièvement atteints a été construit « dans le délai record de sept jours », a dit le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov. Une centaine de médecins y travailleront et il doit être mis en service « la semaine prochaine ». 

  • New York « sur la pente descendante de la montagne »

Les Etats-Unis sont de loin le pays le plus touché par l’épidémie. On y compte 907 000 cas et 52 000 morts. Les hôpitaux de New York constatent une diminution des décès et un recul des hospitalisations. Le gouverneur Andrew Cuomo estime que l’Etat est « sur la pente descendante de la montagne ».  Plusieurs autres Etats sont déjà sur la voie du déconfinement. La Géorgie par exemple, où bowlings, ateliers de tatouage ou salons de coiffure et de soins esthétiques ont rouvert. « Il n'y a rien d'essentiel dans le fait d'aller au bowling ou de se faire faire une manucure au beau milieu d'une pandémie », déplore la maire démocrate d'Atlanta, Keisha Lance Bottoms, alors que le bilan des morts dans l’Etat s’alourdit. En Floride le gouverneur Ron de Santis affirme « organiser le déconfinement de manière méthodique et sûre ». Pour la députée Donna Shalala, « l’Etat de Floride n’est absolument pas prêt ».

L'Amérique latine et la Caraïbe ont dépassé ce samedi la barre symbolique des 150 000 cas de contamination. Et plus de 7400 personnes sont décédées, selon un bilan établi par l'AFP. L'Argentine, qui va prolonger son confinement jusqu'au 10 mai a annoncé le président Fernandez, a assoupli le dispositif dans les villes de moins de 500 000 habitants où les gens seront autorisés à sortir une heure par jour. On y compte plus de 3500 cas de contamination et 176 décès. Le Venezuela annonce aussi assouplir les mesures de quarantaine pour les personnes âgées et les enfants.

  • Grève de la faim de médecins pakistanais 

La Chine a tenté de bloquer un rapport de l'Union européenne qui affirme que Pékin alimente la désinformation sur l'épidémie. Le rapport a finalement été publié mais certaines critiques à l'encontre du gouvernement chinois ont été adoucies ou supprimées.

Un quart des 623 membres de l'équipage d'un navire de croisière amarré dans l'ouest du Japon ont été testés positifs. Ce paquebot sous pavillon italien n'a pas de croisiéristes à son bord. Il est arrivé en janvier dans le port de Nagasaki pour des réparations.

Au Pakistan, les médecins et personnels soignants font savoir qu’une trentaine d’entre eux sont en grève de la faim depuis dix jours à Lahore pour protester contre le manque de matériel de protection. Ils sont installés dans les locaux de la direction de la santé de la province du Pendjab. Jusqu'à 200 manifestants se relaient tous les jours pour soutenir les grévistes.

  • Recrudescence des cas en Iran 

Le monde musulman entame le mois de jeûne du ramadan sans prières collectives ni repas partagés: les portes des mosquées restent closes et les rassemblements familiaux sont interdits.

Des responsables iraniens expriment leurs inquiétudes face à une « recrudescence » des cas de contamination dans le pays. Le ministère de la Santé a annoncé 76 décès supplémentaires qui portent à 6 650 morts le bilan officiel de l'épidémie. Aliréza Zali, coordinateur de la lutte contre la maladie dans la capitale, a critiqué « des réouvertures faites à la hâte », estimant que « cela pourrait créer de nouvelles vagues de maladie à Téhéran et compliquer le contrôle de l'épidémie ». Le pays dénombre un total de 89 328 cas de contamination, dont 1 134 enregistrés au cours des dernières 24 heures. La recrudescence concerne en particulier les provinces traditionnellement les plus visitées par des touristes ou des pèlerins iraniens en cette période de ramadan. « L'Iran doit envisager le  scénario le plus pessimiste. Les conséquences économiques de l'épidémie se feront sentir pendant des mois, voire pendant un an », avertit le président Hassan Rohani.

Dans les Territoires palestiniens, l’heure est aussi au ramadan, alors que le nombre de cas de coronavirus augmente encore. 484 cas ont été recensés jusqu’à alors, dont 12 dans la Bande de Gaza. Les autorités ont demandé des sorties a minima alors que la Cisjordanie est toujours sous couvre-feu entre 17 et 7 heures. Les courses de ramadan amènent pourtant du monde dans les rues de Ramallah qui connaissent l’animation des grands jours. 

  • Aucune preuve de l’immunité des malades guéris

L'OMS déçoit les espoirs de ceux qui misaient sur une éventuelle immunité des personnes ayant été confrontées au coronavirus. Il n'existe pas de preuve que les personnes testées positives protégées contre une réinfection, prévient l'OMS, qui estime que la délivrance de « passeports immunitaires » risque de favoriser la propagation de la pandémie.

De nombreux pays, dont la France et l'Allemagne, et des acteurs économiques privés se sont engagés à se mobiliser aux côtés de l'Organisation mondiale de la santé pour accélérer la production de vaccins, de traitements et de tests de diagnostic accessibles à tous.

  • Air France soulagée, Boeing en difficulté

Le directeur général d'Air France-KLM Benjamin Smith ne prévoit pas de retour à une activité normale avant deux ans, mais estime que le prêt de l'Etat français va permettre « de passer la période la plus difficile ». Les Etats français et néerlandais ont promis des aides massives pour sauver Air France-KLM, avec une dizaine de milliards d'euros de prêts directs ou bancaires.

Le constructeur américain Boeing renonce finalement à racheter les activités civiles de son concurrent brésilien Embraer. C’est un nouveau recul pour le groupe affaibli par la crise. Embraer considère cette décision « illégale ». L'administration Trump annonce avoir déjà déboursé au total 12,4 milliards d'aides à 93 compagnies aériennes afin de les aider à préserver les emplois.