Coronavirus : l’état du monde face à la pandémie le jeudi 7 mai

L'épidémie de coronavirus a fait au moins 263 779 morts et plus de 3,76 millions de cas officiels dans le monde. Assurant que la pandémie était « pire » que l'attaque de Pearl Harbor en 1941 et les attentats du 11-Septembre, le président américain a renouvelé ses attaques contre la Chine, en estimant que « cela n'aurait jamais dû arriver ». Pékin a dénoncé des « propos mensongers ». Alors que les conséquences économiques de la pandémie s’aggravent, la France se prépare au déconfinement.

Le nombre de touristes internationaux pourrait reculer de 60% à 80% en 2020, a annoncé ce jeudi 7 mai l'Organisation mondiale du tourisme. Aux États-Unis comme en France, la récession accélère la destruction d’emplois. Le Royaume-Uni va voir son activité chuter dans des proportions inouïes cette année. Toutefois, « les effets les plus dévastateurs et déstabilisateurs se feront sentir dans les pays les plus pauvres » où les États ne sont pas à même de soutenir financièrement leurs populations, a rappelé ce jeudi l'ONU, qui veut lever 4,7 milliards de dollars pour « protéger des millions de vies ». « Le spectre de multiples famines se profile », a mis en garde un haut responsable de l’organisation, Mark Lowcock.

  • La France coupée en deux à l’heure du déconfinement

Ce 7 mai, l'épidémie de coronavirus a fait 178 morts de plus en 24 heures en France, portant le bilan total à 25 987 décès depuis le 1er mars. Quatre jours avant le début du déconfinement, le gouvernement a dévoilé le même jourles derniers détails de la remise en marche progressive du pays. Quatre régions, Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que le département de Mayotte ont été classés en rouge sur la carte du déconfinement présentée par le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Dans les départements rouges, « le déconfinement est possible » à partir du 11 mai, mais « avec certaines restrictions : pas d'ouverture des collèges, ni des parcs et jardins », a ajouté le chef du gouvernement, Édouard Philippe. Un retour en classe pour les élèves de sixième et cinquième est envisagé en revanche à compter du 18 mai dans les départements classés « vert ». Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu' « un million d'écoliers seront accueillis par environ 130 000 professeurs » dès la semaine prochaine.

À l'approche du déconfinement, la France semble connaître une légère reprise de l'activité économique, en particulier dans l'industrie et la construction, a indiqué jeudi l’Institut national de statistiques (Insee).

La trêve hivernale des expulsions locatives, qui aurait dû s'achever le 31 mars, sera à nouveau prolongée jusqu'en juillet après avoir été déjà étendue en raison de la crise du coronavirus, a annoncé jeudi 7 mai le ministre du Logement.

Les restrictions aux frontières de la France avec les pays de l'espace européen (Union européenne, Shengen, Royaume-Uni) seront « prolongées jusqu'au 15 juin au moins » et les frontières avec les pays non européens « resteront fermées jusqu'à nouvel ordre », a par ailleurs annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

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En raison du confinement lié au coronavirus, près d'un demi-million d'emplois (453 000) ont été détruits dans le secteur privé au premier trimestre en France, indique l'Institut national des statistiques et des études économiques (Insee). Cela représente une baisse de 2,3% par rapport au trimestre précédent. La crise du coronavirus a balayé – en quelques semaines – trois ans d’améliorations sur le marché du travail dans le secteur privé.

L’intérim paye le plus lourd tribut. Sur les quinze premiers jours de confinement, l’emploi en intérim a chuté de 37%, soit la plus importante baisse depuis le calcul de cette statistique début 1990. La chute est aussi presque trois fois plus élevée qu’au plus fort de la crise économique de 2008-2009. Après l’intérim, le service marchand, pourtant locomotive de l’emploi, subit de plein fouet les conséquences du confinement. L’emploi privé de ce secteur a chuté de 3,5% sur les trois premiers mois de l’année, une baisse qui annule les hausses observées depuis trois trimestres.

  • Chute historique du PIB au Royaume-Uni

La pandémie causée par le nouveau coronavirus a tué plus de 150 000 personnes en Europe, qui reste le continent le plus durement touché par le coronavirus. Le Royaume-Uni (30 076) et l'Italie (29 684) sont les pays européens les plus atteints, suivis de l'Espagne (26 070) et la France (25 809).

La Banque d'Angleterre prévoit une chute historique de 14% du produit intérieur brut au Royaume-Uni cette année à cause du choc économique provoqué par la pandémie, maintenant en parallèle son taux directeur à 0,1%, un record de faiblesse.

Le gouvernement britannique a prolongé le confinement en vigueur depuis fin mars pour lutter contre la propagation du coronavirus. « Le virus est toujours à un niveau élevé. Nous pensons avoir passé le pic mais nous devons veiller à ne pas créer une situation où nous aurions un deuxième pic fort et très rapide », a expliqué jeudi le ministre chargé de l'Irlande du Nord, Brandon Lewis.

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Vigilance en Espagne à l’heure du déconfinement

En Espagne, où la pandémie a fait plus de 25 000 morts, le Parlement a prolongé l’état d’urgence sanitaire pour deux semaines, à compter de dimanche 10 mai, jusqu’au 23 mai. Pedro Sanchez, chef d'un fragile gouvernement de coalition, a estimé qu’un déconfinement « précipité » de l'Espagne serait une « erreur absolue, totale et impardonnable ».

La vie reprend peu à peu dans le pays mais la plus grande vigilance reste de mise pour les professionnels de santé. Cette semaine, les petites entreprises comme les fleuristes ou les quincailliers ont pu rouvrir. Les citoyens, contraints de rester chez eux depuis mi-mars, sont désormais autorisés à sortir pour faire du sport.

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  • Une épidémie contrôlée en Suède

La Suède a officiellement dépassé les 3 000 morts provoquées par le coronavirus, ont annoncé jeudi 7 mai les autorités sanitaires. Dans ce royaume de 10,3 millions d'habitants, qui a pris des mesures plus souples que la plupart des autres pays européens pour tenter de contenir la pandémie, 99 nouveaux décès ont été enregistrés ces dernières 24 heures, portant à 3 040 le nombre total des morts dues au Covid-19 pour 24 623 cas confirmés.

Selon l'agence de santé publique, la Suède n'a pas atteint sa capacité maximale de prise en charge des malades. « Les courbes montrent que nous avons, dans une large mesure, réussi jusqu'à présent à maintenir la maladie sous le seuil de ce que les services de santé peuvent gérer », a déclaré l'épidémiologiste suédois Anders Tegnell.

  • Hausse des contaminations en Russie

La Russie a annoncé jeudi avoir enregistré un nouveau record de 11 231 infections au coronavirus, tandis que la mortalité semble toujours rester faible, avec 88 décès en 24 heures, portant le total à 1 625. Avec désormais 177 160 cas recensés, la Russie double la France pour se classer au quatrième rang européen et au cinquième rang mondial en nombre d'infections. Cette envolée du nombre de contaminations depuis une semaine s'explique, selon les autorités, par la multiplication des tests de dépistage (4,8 millions selon le dernier décompte) qui permet notamment de détecter les cas asymptomatiques.

Mais avec 1 625 morts, la Russie reste en revanche très loin des niveaux de mortalité enregistrés en France (plus de 25 000 morts pour 174 000 cas) et même moins frappée que l'Allemagne qui, avec un peu plus de 7 000 décès pour 166 000 malades, est considérée comme un pays ayant une réponse particulièrement efficace à la pandémie.

La mairie de Moscou a ordonné jeudi le prolongement des mesures de confinement de la population jusqu'au 31 mai, la capitale russe étant le principal foyer de l'épidémie en Russie. La ville va également imposer le port du masque dans les transports publics.

  • Inégalités raciales au Brésil face au coronavirus

Au Brésil, où le coronavirus a déjà tué plus de 8 000 personnes, le taux de mortalité est particulièrement élevé chez les plus défavorisés, notamment dans la population noire. « La pandémie ne fait que creuser les inégalités historiques héritées de l'esclavage », estime Emanuelle Goes, de l'Institut Fiocruz de Rio de Janeiro. Faible accès aux soins, emplois très exposés, logements précaires : les Noirs sont touchés de plein fouet au Brésil par le coronavirus.

Dans l'État de São Paulo par exemple, le plus peuplé et le plus touché du pays, le risque de mourir du Covid-19 est 62% plus élevé pour les personnes de couleur. Le dernier bilan des autorités sanitaires locales fait état d'un taux de mortalité lié au virus de 15,6 pour 100 000 pour les Noirs, contre 9,6 pour les Blancs. Au niveau national, si 36,4% des malades transférés à l'hôpital pour syndrome respiratoire aigu sévère sont des Noirs, ils y représentent en revanche 45,3% des décès du Covid-19, ce qui montre que les Blancs ont plus de chances de sortir guéris de l'hôpital.

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  • Donald Trump estime que le coronavirus est « pire que Pearl Harbor »

« Ce fut l'attaque la pire à laquelle notre pays a jamais été confronté. C'est pire que Pearl Harbor. C'est pire que le World Trade Center », a déclaré le président américain. Donald Trump s'en est encore pris à la Chine, berceau de la pandémie, en estimant que « cela n'aurait jamais dû arriver ». En réaction, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a affirmé jeudi que « de nombreux pays, experts et savants ont tous fait des commentaires positifs à l'égard de la prévention et du contrôle du virus par la Chine ». « Seuls les États-Unis produisent des sons discordants, mensongers et hypocrites », a-t-elle ajouté. La Chine est parvenue à limiter la contagion de la maladie Covid-19 à moins de 83 000 contaminations, dont 4 633 mortelles, à en croire les chiffres officiels.

Avec plus de 73 000 morts, les États-Unis restent le pays le plus endeuillé au monde. Les effets néfastes de la pandémie continuent de se faire sentir. Plus de trois millions de personnes se sont inscrites pour la première fois au chômage la semaine passée, et le nombre total de chômeurs indemnisés a atteint son plus haut niveau de l'histoire, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail. Au total, depuis le début de la crise du coronavirus dans le pays, près de 33,5 millions de personnes ont pointé au chômage.

  • Rapatriement massif de ressortissants indiens

L’Inde a entamé jeudi 7 mai un rapatriement spectaculaire de ses ressortissants en détresse dans plusieurs pays du monde comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou des pays du Golfe. Avec 3,3 millions de ressortissants, les Indiens constituent près d'un tiers de la population des Émirats, notamment à Dubaï.

Soixante-quatre vols sont prévus sur sept jours pour rapatrier près de 15 000 personnes. Deux navires de guerre ont également été déployés pour ramener 2 000 personnes des Maldives, à leurs frais.

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  • Le Pakistan se prépare au déconfinement

Le Pakistan démarrera samedi 9 mai son déconfinement, bien que l'épidémie de coronavirus prenne de l'ampleur dans ce pays où les travailleurs pauvres ont fortement souffert de l'arrêt de l'activité économique. « Nous faisons cela parce que les gens de notre pays sont dans une situation très difficile. Les travailleurs journaliers, les petits entrepreneurs, les ouvriers souffrent », a annoncé jeudi le Premier ministre Imran Khan.

Plus de 560 personnes sont officiellement mortes du coronavirus, un bilan très faible pour un pays de plus de 200 millions d'habitants au système de santé fragile. Plus de 24 000 malades sont recensés, un chiffre considéré comme largement sous-estimé du fait d'un manque criant de tests.