Coronavirus: en Italie, un village lueur d'espoir

Confinés depuis près d’un mois, tous les habitants de Vo'Euganeo, premier foyer infectieux détecté dans le province de Padoue en Vénétie, ont été soumis à des tests de dépistage du Covid-19. Ils ont fait l’objet d’une recherche épidémiologique, coordonnée par un expert de l’université de Florence, le professeur Sergio Romagnani. Les résultats représentent une lueur d’espoir pour l’Italie où le nombre de décès, 3405, a désormais dépassé celui de la Chine.

de notre correspondante à Rome,

La première victime italienne du coronavirus est décédé le 21 février, deux jours avant la mise en quarantaine de ses 3 300 habitants, et de ceux des 10 communes lombardes au cœur d’un autre foyer infectieux. Avec l’accord des autorités de la Vénétie, tous les villageois ont été soumis à des tests.

Le résultat a démontré que plus de la moitié d’entre eux étaient infectés, dont de nombreux jeunes, mais ils ne présentaient aucun symptôme de la maladie. Cependant, les personnes asymptomatiques représentent une des plus grandes sources de contagion. Dans ce village, l’épidémie a pu être rapidement ralenti grâce aux tests et au confinement maximal.

Aucun cas en six jours

Depuis six jours plus un seul cas de contagion a été enregistré à Vo’ Euganeo. Par ailleurs, sur les 88 patients hospitalisés il n’en reste que 7. Et les délais de guérison ont été rapides. Dix jours en moyenne selon les déclarations du professeur Sergio Romagnani.

Entre le premier décès, fin février, et le 15 mars, deux autres personnes sont mortes en raison du virus. Mais comparé aux bilans quotidiens dramatiques, 902 nouveaux décès en deux jours, dans le pays, ce chiffre est dérisoire.

Isoler les personnes

D’après les experts italiens, isoler les personnes au maximum, faire respecter scrupuleusement la distance de sécurité, pour ceux obligés de sortir de chez eux, est essentiel pour freiner la diffusion du virus. Mais cela ne suffit pas.

Pour contrôler la pandémie, Il faudrait soumettre à des tests de diagnostic au moins tous ceux qui présentent ne serait-ce qu’un des symptômes évoquant une contamination au coronavirus. Ce qui est difficilement réalisable dans le contexte actuel. Augmenter les tests, comme souhaite le faire la Vénétie a un coût important, 12 millions d’euros pour 800 000 personnes.

Un problème se pose également au niveau organisationnel, parce que le système de santé dans le Nord est littéralement à bout de souffle, en particulier à Bergame Brescia, Crema, Crémone et Milan où un hôpital de campagne d'une capacité de 500 lits devrait être opérationnel dès le 23 mars.