Coronavirus en Italie: en Lombardie, le spectre de la pauvreté s'étend

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En Italie, le soutien exceptionnel à l’économie permet encore d’amortir la crise. Mais la pauvreté s’étend. Première confinée, et plus lourdement endeuillée, la riche région de Lombardie ne fait pas exception. À Brescia, important pôle industriel, les associations caritatives s’activent toujours presqu’un an après le début de la pandémie. « À manger pour tout le monde », un groupe fondé par des parents d’élève, vient en aide aux familles en difficulté.

Avec notre envoyée spéciale à Brescia, Juliette Gheerbrant

Derrière les grilles d’une ancienne école, se trouvent les locaux de l’association « À manger pour tout le monde ». Les bénévoles sont venus faire du rangement, certains avec leurs enfants qui sont ravis de voir que des montagnes de jouets récupérés pour Noël sont encore là. Des cartons pliés sous le bras, un jeune homme de 27 ans, confie qu’il n’en peut plus de cette pandémie. « Avant, tout allait bien et le Covid-19 a tout détruit, tout ruiné, déclare-t-il. Moi, je cherchais quelque chose à faire, l’assistante sociale m’a emmené ici ».

Aider

Le jeune homme a retrouvé un emploi de jardinier, mais il continue à aider. C’est vrai aussi pour Karima Abid, bénévole très investi dans l’association qui a perdu son plein temps et qui raconte : « Je travaille, mais plus comme avant. Je ne fais que trois heures par jour en ce moment. Je prends tout : conductrice, ouvrière, même femme de ménage. J’ai un diplôme de littérature arabe mais il faudrait que je retourne à l’université et comme j’élève seule mes trois enfants, je ne peux pas me le permettre ».

Générosité

À côté des bouteilles d’huile, se trouve une machine à laver d’occasion. La générosité des habitants est au rendez-vous. Et Anna Aberna, à l’origine du projet, constate que le nombre de familles en difficulté ne diminue pas. « Au début, c’était les situations d’urgence, de gens qui perdaient leur travail souvent informel, se souvient-elle. Maintenant, il y a les familles qui ont épuisé leurs économies. Du coup, on voudrait continuer les distributions jusqu’en mars ». Voire davantage, car fin juin, les interdictions de licenciements et le chômage partiel ne seront plus là pour amortir la crise.

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