Coronavirus: les Indonésiens bravent l’épidémie pour fêter l’Aïd au village

En ce jour de célébration de l’Aïd, l’Indonésie, le pays qui compte le plus de musulmans au monde, fait face à une situation préoccupante. Après avoir ce samedi connu la journée avec le plus de nouveaux cas de coronavirus décomptés dans le pays, malgré le risque sanitaire et les incitations à rester chez soi, des mouvements dans le pays entier sont observés pour célébrer la fin du ramadan.

De notre correspondante régionale, Gabrielle Maréchaux

« Pas de voyage cette année », la chanson réalisée par un panel de politiciens indonésiens ne peut être plus claire en incitant couplet après couplet les citoyens à rester chez eux, et à ne pas se déplacer dans l’archipel pour rentrer dans leur village d’origine comme le veut normalement la coutume à la fin du ramadan.

Mais si les politiques redoublent de créativité, les Indonésiens semblent eux pouvoir faire preuve d’inventivité pour ne pas transiger avec la tradition, ou tout simplement pour rentrer chez eux après avoir été licencié dans les métropoles.

Trois lits en soins intensifs pour 100 000 habitants

Faux certificats médicaux pour pouvoir être autorisé à se déplacer dans le pays, faire la route à pieds lorsque les transports ont cessé, les ressources sont nombreuses, et les conséquences de telles migrations inquiétantes.

Depuis le début de l’épidémie, l’Indonésie a assuré vouloir privilégier avant tout son économie. Résultat : aucun confinement total n’a été établi. Si des risques sont ainsi pris, les hôpitaux du pays ne sont pourtant pas en mesure d’en assumer les conséquences avec seulement trois lits de soins intensifs pour 100 000 habitants.