Coronavirus en Inde: les survivants de Bhopal particulièrement vulnérables

À Bhopal, les 300 000 survivants de l’accident industriel de l'usine d'Union Carbide en 1984 craignent désormais de succomber au coronavirus. L’exposition à du gaz toxique les a rendus particulièrement vulnérables aux maladies pulmonaires. Onze d’entre eux sont déjà morts ces derniers jours du virus.

De notre correspondant à New Delhi,

La ville de Bhopal a connu onze décès du Covid-19. Toutes ces personnes étaient des rescapés de la fuite de gaz de 1984. Dans la ville, au moins 150 000 survivants sont très vulnérables, à cause de pathologies existantes.

« 50% d'entre eux souffrent de maladies chroniques du coeur, 20% ont des problèmes aux poumons et un grand nombre a des problèmes aux reins », explique Rachna Dhingra qui milite dans le Groupe de Bhopal pour l’information et l’action.

Le gouvernement régional a fait empirer la situation, fin mars, en réquisitionnant l’hôpital réservé à ces survivants pour en faire un centre de traitement du Covid-19, avant de revenir sur cette décision.

Distanciation sociale impossible

« La plupart de ces personnes sont pauvres, et vivent parfois à cinq dans 10 m2, donc il leur est impossible de garder leurs distances. Il faut les tester en masse car pour l’instant, nous arrivons trop tard. Sur les onze personnes décédées, quatre sont mortes avant d’être admises à l’hôpital et trois dans les douze premières heures de leur hospitalisation », détaille Rachna Dhingra qui s’inquiète du manque d’attention portée à ces victimes.

Après le recours de l'association, la cour d’appel régionale vient d’obliger cet hôpital des victimes de Bhopal à tester tous leurs patients au Covid-19. Une première victoire pour ralentir une hécatombe potentielle.