Coronavirus : en Guyane, "nous allons au devant d’une crise majeure"

Les appels de la Guyane à un renforcement des moyens humains et matériels pour affronter l’épidémie de Covid-19 n’auraient pas été entendus par le gouvernement. "Je ne dis pas que rien n’a bougé, mais on est parti avec trois guerres de retard. En ce moment, on est en train de courir après le temps. Ce sera difficile de contenir le coronavirus", estime mardi 16 juin sur franceinfo Gabriel Serville, député guyanais de la première circonscription. Membre du parti Gauche démocrate et républicain, il déplore le faible contrôle des frontières naturelles avec le Brésil et le Surinam, des fleuves qui sont des bassins de vie et des lieux d’échange et de transhumance. De plus, "il y a 60% des gens qui habitent sous le seuil de pauvreté, qui habitent dans des maison sans eau courante, qui vivent avec des facteurs de co-morbidité donc tous les ingrédients étaient réunis pour que l’arrivée du coronavirus explose et nous mette dans une situation difficile", détaille-t-il. La Guyane victime de ses retards de développement "On a bénéficié des prêts garantis par l’État pour les entreprises, des personnels de la réserve sanitaire, mais le virus a pris de l’avance et je crains que la Guyane dépasse la situation de Mayotte. L’Agence régionale de santé nous annonce qu’il y aura des morts. Nous allons au devant d’une crise sanitaire majeure", craint Gabriel Serville. Et de conclure : "Ce n'est pas étonnant si Mayotte et la Guyane restent les derniers à souffrir de la pandémie de Covid-19. Ces deux territoires souffrent de très gros retards de développement à tous les niveaux. Ce à quoi nous assistons est un aboutissement d’une logique de développement mal assumée par l’Etat."