Coronavirus: de grandes enseignes versent une prime aux employés exposés

Plusieurs grandes enseignes de la distribution ont annoncé ce dimanche 22 mars leur décision de verser une prime de 1 000 euros aux salariés mobilisés sur leur lieu de travail pendant la crise sanitaire du coronavirus. Elles répondent ainsi aux souhaits du gouvernement d'Emmanuel Macron.

Auchan, Kingfisher, la maison-mère de Castorama, Intermarché ou encore Carrefour. Les grandes enseignes de la distribution l'ont successivement révélé : ils verseront une prime de 1 000 euros, au moment où leurs salariés se retrouvent en première ligne du maintien de la chaîne logistique et en particulier alimentaire, en plein confinement général de la population.

« L'ensemble des collaborateurs des magasins, entrepôts, drives, services de livraison à domicile et site de e-commerce » se verront verser cette prime forfaitaire, a indiqué Auchan dans un communiqué, précisant que 65 000 salariés français étaient concernés.

Le groupe a salué « l'engagement sans faille » des salariés. Pour veiller à la sécurité et à la santé des équipes et des clients, des « mesures de protection sont déjà en place dans l'ensemble de nos magasins », a par ailleurs déclaré Edgard Bonte, président d'Auchan Retail, cité dans le communiqué.

Ces mesures garantissent le respect des gestes barrières, la protection des caisses par du plexiglas, la mise à disposition de gel hydroalcoolique, de masques et de gants ainsi que l'aménagement des horaires de magasins, a énumérié Edgar Bonte.

Service de retrait primé

Kingfisher, qui possède Castorama et Brico Dépôt, va également verser une prime. Elle est destinée aux employés mobilisés dans le cadre du service de retrait de commandes en magasins et dépôts qui sera mis en place à compter de ce lundi. Un service complémentaire à la livraison à domicile qui a continué de fonctionner depuis le début de la crise.

Le service de retrait, a souligné Kingfisher, sera « proposé » uniquement dans les magasins et dépôts pour lesquels le groupe estime que « les conditions de préservation de la santé et de la sécurité sont suffisantes », la présence des collaborateurs se faisant « sur la base du volontariat ». « Environ 3 500 salariés » sont concernés.

Prime créée après la crise des « gilets jaunes »

Cette prime, ont précisé Auchan et Kingfisher, sera versée dans le cadre des conditions énoncées vendredi 20 mars par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, c'est-à-dire celui de l'accord d'intéressement de l'entreprise.

Bruno Le Maire avait appelé vendredi 21 mars les entreprises à verser d'ici au 30 juin une prime défiscalisée à leurs salariés, notamment à ceux qui « ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail » dans le contexte de l'épidémie de nouveau coronavirus.

Cette possibilité de prime, créée à la suite de la crise des « gilets jaunes » de l'hiver 2018-2019, a été reconduite en 2020, mais uniquement pour les entreprises ayant conclu un accord d'intéressement avec leurs salariés. La signature de ce type d'accord a été simplifiée pour encourager les PME.

Satisfaction syndicale

« On ne peut que saluer ce geste qui n'est que justice par rapport à l'effort qui est produit par des salariés qui sont presque dans du service public », s'est réjoui Guy Laplatine, délégué CFDT chez Auchan, joint par RFI. Ce dernier a tout de même souligné que les mesures sanitaires restaient tout de même « le plus important : il faut qu'on compense le nombre de masques, donc on n'a mis en place des stratégies avec des films plastiques. par exemple, à l'accueil, il y a des périmètres de sécurité autour des hôtesses de caisse. les cadis sont désinfectés. Tout est nettoyé en permancence. »

Les caissiers et les caissières « ont très peur, rappelle aussi le délégué syndical. Ils croisent des centaines de personnes tous les jours. Cela demande beaucoup de courage. Très franchement, on n'a pas un taux d'absentéisme très élevé, ce qui prouve qu'il y a un vrai esprit civique. Mais ils ont peur : quand on entend ce qu'on entend à propos de ce virus, c'est normal d'avoir peur. »

Dans un communiqué, le syndicat réformiste a aussi exhort à « penser aussi à celles et ceux qui, "assignés à résidence" en télétravail, font fonctionner l'entreprise. (...) Pour la CFDT, une gratification exceptionnelle doit leur être aussi donnée. »

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