Coronavirus: la "gestion de stocks" de masques "ne revient pas au ministre"

S. V.
L'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn le 30 juin 2020 devant la commission d'enquête Covid-19 de l'Assemblée nationale - BFMTV

La "gestion de stocks" de masques de protection ne remonte pas au niveau du ministre, s'est défendue mardi l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, assurant toutefois "assumer totalement" les décisions prises par ses services entre mai 2017 et février 2020.

"Cette gestion de stocks, elle ne revient pas à un niveau ministre. (...) La vigilance que je dois avoir, c'est sur des dizaines de produits", a-t-elle ajouté devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.

Pas au courant des masques périmés

Elle a souligné que si l'attention s'était "a posteriori" portée sur la question des masques, en raison de l'émergence du nouveau coronavirus, les comprimés d'iode en cas d'accident nucléaire ou les tenues de protection face au virus ebola n'étaient pas "moins importants".

Interrogée par les députés, l'ex-ministre a notamment assuré ne pas avoir eu connaissance du courrier adressé par Santé publique France à la Direction générale de la Santé en septembre 2018, qui informait notamment de la péremption d'une part importante du stock stratégique d'Etat de masques et recommandait de racheter ces équipements pour porter le stock à 1 milliard de masques.

Elle ajoute que ce n'est pas non plus elle qui a pris la décision de détruire les masques jugés non conformes alors que le stock n'avait pas encore été reconstitué. "Je lui fais totalement confiance et j'assume totalement les décisions qu'il prend", a lancé Agnès Buzyn à propos du directeur général de la Santé Jérôme Salomon, qu'elle avait nommé en 2018.

Interrogations sur le contrôle des stocks

L'ancienne ministre, qui a quitté son poste à la mi-février pour s'engager dans la campagne des municipales à Paris, a en revanche critiqué en creux le rôle de l'agence Santé publique France, responsable de la gestion des équipements de protection.

"Nous avons tous envie de requestionner" le rôle des agences sanitaires, a-t-elle déclaré, estimant que "des interrogations" existaient sur le "contrôle des stocks" ces dernières années. "Apprendre en 2018 qu'une grande partie des stocks est périmée... Ça nécessite de requestionner comment ça a fonctionné", a-t-elle avancé.

Après avoir auditionné des experts, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale chargée d'évaluer la gestion française de la crise sanitaire entend cette semaine des anciens ministres de la Santé. Après Agnès Buzyn, elle doit recevoir Marisol Touraine et Roselyne Bachelot mercredi puis Xavier Bertrand jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com