Coronavirus: la France tente de rattraper son retard dans la production de tests

Alors que le pays termine sa première semaine de déconfinement, les Français veulent savoir s’ils ont eu le Covid-19. Ils sont de plus en plus nombreux chaque jour à se faire tester dans les laboratoires. Dans le même temps, la France tente toujours de rattraper son retard dans sa production de tests.

Virologiques mais aussi sérologiques, les tests sont en plein développement en France. Prudence tout de même, avertit la Haute Autorité de la Santé, car ces tests sérologiques ne garantissent pas encore une immunité à ceux qui sont détectés positifs.

Les initiatives pour fabriquer ces tests se multiplient, notamment en région parisienne, où AAZ, une entreprise locale basée à Villiers-le-Bel, commence à en produire en grande quantité. Cela ne prend que dix minutes à peine, a pu constater notre reporter Cédric de Oliveira, et le test semble d'une efficacité implacable.

« Il suffit de déposer une toute petite goutte de sang, explique Fabien Larue, directeur-général d'AAZ. Ensuite, il faut ajouter deux gouttes. Et en dix minutes, le sang va migrer et va révéler la présence éventuelle des anticorps qui sont le témoin d'une immunité pour la personne. »

500 000 tests par semaine

Fabien Larue est enthousiaste au sujet de ce test baptisé « Covid Presto ».
Le laboratoire a confié son conditionnement à un sous-traitant voisin, Tech'Air, installé dans l'Établissement et service d'aide par le travail (ESAT). D'ordinaire, cette entreprise s'occupe de tests VIH. Elle a donc dû s'adapter à la crise.

« C'est quelque chose qu'on sait totalement faire et de laquelle en plus, on est très fiers parce que c'est totalement en lien avec l'activité, assure Henri-Aurélien Chopinaud, directeur de Tech'Air. Et cela met nos salariés dans une situation de fierté et d'utilité sociale lors de cette crise sanitaire. »

Tech'Air, qui a la particularité d'employer 50 travailleurs handicapés, est déjà en mesure de produire 500 000 tests par semaine. La production devrait doubler rapidement.

La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a déjà commandé 5 millions d'unité. « Nous attendons la validation du gouvernement », assure-t-elle.La validation des autorités sanitaires devrait avoir lieu dans les prochains jours.

Pour l'heure, Valérie Pécresse est repartie avec un lot de 15 000 pièces offertes par AAZ et destinées au personnel soignant francilien. « L'objectif, affirme t-elle, c'est qu'on ne soit pas en pénurie de tests sérologiques quand les Français voudront se faire tester. »

Se faire tester pour se rassurer

Justement, les Français sont de plus en plus nombreux à se faire tester dans les laboratoires pour savoir s'ils ont le Covid-19. Alexis Bédu, reporter au service France de RFI, s'est fait tester dans un laboratoire de Neuilly-sur-Seine près de Paris.

C’est une simple piqûre. Le test sérologique est réalisé en cinq minutes dans ce laboratoire de ville, et les résultats tombent dans la journée. Depuis le début de la semaine, les patients défilent pour se faire tester.

« Les gens viennent beaucoup, ils ont souvent été malades dernièrement et ont besoin de savoir si oui ou non, c'était ça, nous explique Caroline Gutsmuth, médecin biologiste. Ils n'ont pas pu bénéficier d'un dépistage par PCR puisqu'au départ, ce dépistage était réservé uniquement aux personnes qui avaient des symptômes et qui étaient soit professionnels de santé, soit à risque de formes graves. Donc, ça leur permet de se rassurer. »

Fiabilité à « à 99 % »

Dans ce laboratoire, quatre tests sérologiques différents sont utilisés. Ils permettent de savoir si l’on a fabriqué des anticorps en réaction au virus. Des tests de plus en plus fiables, selon Caroline Gutsmuth : « Le 100 %, ça n'existe pas. Quelles que soient les méthodes, les techniques, on est passé de test qui avaient une sensibilité de 95 % à aujourd'hui de 99 % en quelques semaines. Donc ce sont de très bons tests. »

Pas besoin d’ordonnance pour se faire tester. Cela coûte entre 20 et 40 euros, non remboursés par la Sécurité sociale. Dans ce laboratoire, le taux de personnes positives est de 20 % depuis la mise en place des tests sérologiques.

À écouter : Tests de dépistage du coronavirus: ce qu'il faut savoir