Coronavirus: La France passe le cap symbolique des 100.000 morts

par Myriam Rivet
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CORONAVIRUS: LA FRANCE PASSE LE CAP SYMBOLIQUE DES 100.000 MORTS

par Myriam Rivet

PARIS (Reuters) - La France, soumise depuis plusieurs semaines à de nouvelles restrictions visant à endiguer la troisième vague de l'épidémie de COVID-19, a franchi jeudi le seuil symbolique des 100.000 morts.

Selon le dernier bilan publié par le ministère de la Santé, 100.077 décès imputés au COVID-19 ont été recensés en France depuis le début de l'épidémie.

Au cours des dernières 24 heures, 300 personnes de plus sont mortes, un bilan qui correspond à peu près à la mortalité quotidienne moyenne depuis le début de l'année.

"Depuis le début de la pandémie, cent mille Françaises et Français ont succombé au virus. Nous avons tous une pensée pour leurs familles, leurs proches, pour les enfants qui ont perdu un parent ou un grand-parent, les fratries endeuillées, les amitiées frauchées", a réagi le chef de l'Etat, Emmanuel Macron.

"Et si toute notre énergie est aujourd'hui tournée vers la sortie de cette épreuve, nous n'oublierons aucun visage, aucun nom", a-t-il ajouté sur Twitter.

La France est le huitième pays du monde - et le troisième en Europe - à franchir le cap des 100.000 décès - après l'Italie, les États-Unis, le Brésil, le Mexique, l'Inde, la Russie et le Royaume-Uni, d'après les chiffres officiels, dont la fiabilité est variable selon les pays.

Selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la France affiche à ce stade un taux de mortalité imputée au COVID-19 de 151 décès pour 100.000 habitants, soit moins que l'Italie (192) ou le Royaume-Uni (187), mais bien plus que l'Allemagne (95).

La France avait opté pour la stratégie dite du "zéro virus" avec un confinement strict face à la première vague épidémique au printemps dernier.

A fin mai, deux semaines après la fin de ce premier confinement, le bilan de l'épidémie s'élevait à un peu moins de 30.000 morts.

COURSE ENTRE VARIANT ET VACCINATION

Pour la deuxième vague, à l'automne dernier, le gouvernement a fait le choix d'un confinement aménagé (écoles ouvertes, fermetures des seuls commerces non-essentiels, poursuite de la plupart des activités professionnelles... ) et à fin décembre, le nombre de décès imputés au COVID-10 s'établissait à près de 65.000.

Depuis le début de l'année, la stratégie consiste désormais à "vivre avec le virus" en misant sur l'accélération attendue de la vaccination, c'est-à-dire tenter d'endiguer l'épidémie sans trop affecter l'économie et le moral des Français.

Emmanuel Macron a d'ailleurs estimé fin mars avoir "eu raison de ne pas reconfiner la France à la fin du mois de janvier", comme le recommandait le conseil scientifique inquiet de la situation épidémiologique et de l'apparition du variant dit britannique - beaucoup plus contagieux - sur le territoire.

Désormais confronté aux contestations d'une partie de l'opposition et de certains membres du corps médical alors que le pays est frappé par une troisième vague épidémique et que la campagne de vaccination s'est heurtée à de nombreux écueils, le gouvernement défend une approche qualifiée de réaliste et pragmatique, jugeant que "chaque jour sans confinement est un jour gagné pour les Français".

De nouvelles restrictions ont pourtant été mises en place pour le mois d'avril, marqué par le franchissement du seuil des 100.000 victimes du COVID-19 d'après les données officielles.

Mais le décompte établi par des chercheurs de l'Inserm, qui se fondent sur les certificats de décès et incluent donc les décès à domicile par exemple, dépassait largement celui de Santé Publique France pour la période allant de début mars à fin décembre l'an dernier.

Ce cap pourrait donc dans les faits avoir déjà été franchi depuis plusieurs semaines.

A l'échelle de la planète, l'Organisation mondiale de la Santé fait état de près de 137 millions de cas confirmés, dont près de trois millions de morts imputés au COVID-19.

Près de 733 millions de doses de vaccin contre le COVID-19 ont été administrées à travers le monde tandis qu'en France, plus de 11 millions de personnes ont reçu au moins une dose d'un vaccin.

(édité par Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame)