Coronavirus: en France, Olivier Véran tente d’éteindre la polémique sur les masques

La France a-t-elle eu un problème de gestion des masques chirurgicaux et FFP2 ? Le gouvernement a-t-il fauté ? Signe d’une forme de fébrilité, l’exécutif a en tout cas cherché à répondre encore une fois aux procès en pénurie venus des milieux médicaux puis de l’opposition.

Ce samedi 21 mars, le ministre de la Santé a été envoyé au front, en prenant solennellement la parole pour annoncer la commande de 250 millions de masques chirurgicaux et FFP2. « Vous savez, face à une épidémie d’une telle ampleur, il pourrait être facile de mobiliser notre énergie sur la recherche de responsabilités », a expliqué Olivier Véran.

ll s'agissait d'une opération déminage pour le ministre de la Santé. Calmement, Olivier Véran a répondu aux critiques. Le manque de masques vient de décisions prises il y a plusieurs années, a-t-il reconnu avant d’assurer que ce manque a été rapidement pris en compte et d’annoncer des fabrications en masse sur le sol français ainsi que des commandes massives à l’étranger, chiffres à l’appui.

« Je peux vous annoncer que nous avons d’ores et déjà signé plusieurs commandes pour plus de 250 millions de masques qui sont livrés progressivement et le seront au cours des prochaines semaines. »

Suivre les recommandations de l'OMS

Le ministre de la Santé a tenté de rassurer et promet une totale transparence. Il en a profité aussi pour annoncer une évolution de la doctrine en matière de tests de depistage: « Lundi dernier, le docteur Tedros Ghebreyesus, directeur général de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), a délivré ce message simple : testez, testez, testez. La France doit donc désormais suivre cette voie. La doctrine d’usage rationnelle et raisonnée des tests doit évoluer. »

Une manière, là aussi, de répondre à ceux, de plus en plus nombreux, qui s'interrogent depuis quelques jours sur le peu de tests de dépistages menés en France depuis le début de l'épidémie.

À l’Assemblée nationale, l’union nationale, mais avec quelques accrocs

Les débats ont duré à l’Assemblée nationale ce samedi 21 mars. Les députés et le gouvernement ont discuté du volet de réformes mettant en place l’urgence sanitaire et des mesures exceptionnelles de soutien aux entreprises, des débats sous le signe de l’union nationale, mais avec une opposition qui se montre vigilante.

« Je veux le dire en des termes très clairs : nous devons prendre des mesures que la situation commande et le gouvernement dans ces circonstances a besoin du Parlement. »

Pour Édouard Philippe, la crise du coronavirus appelle à des mesures exceptionnelles, mais aussi à une concorde exceptionnelle entre le Parlement et le gouvernement. Le Premier ministre a précisé que le gouvernement « a besoin de l’exigence du Parlement ».

Face au Premier ministre, se tenait un hémicycle plus que clairsemé, mesures de protection oblige. Seuls une vingtaine de députés étaient présents, dont le député LR du Haut-Rhin, Raphaël Schellenberger, qui rappelle que pour la droite, l’heure est à l’union nationale.

« Vous nous trouverez, monsieur le Premier ministre, à vos côtés pour vous donner les moyens de lutter contre cette épidémie, parce que les Français méritent notre mobilisation », a-t-il déclaré.

Les interrogations de l'opposition

De l’autre cote de l’hémicycle, Jean-Luc Mélenchon, le chef de file des Insoumis, a promis une opposition sans acrimonie, mais une opposition. « Nous instaurons un état d’urgence sanitaire, pourquoi pas, a-t-il déclaré. À nos yeux, il n’y avait pas de vide juridique, pourquoi pas, nous sommes d’accord pour vous aider à le faire. Mais pourquoi avez-vous trouvé cette idée de reporter de 12 jours à un mois le délai dans lequel vous saisirez les assemblées ? Les assemblées ne sont pas de trop ! »

Des interrogations existent aussi du coté socialiste où l’on met par exemple en garde contre la rédaction d’ordonnances très larges, voire trop larges.