Coronavirus en France: Macron dégaine sa propre «enquête indépendante»

Emmanuel Macron a lancé jeudi après-midi à l’Elysée une mission d’évaluation de la gestion de la crise du coronavirus à la tête de laquelle il a nommé un médecin infectiologue et épidémiologiste suisse, le professeur Didier Pittet qui travaillera avec quatre autres personnalités : Raoul Briet, ancien président de chambre de la Cour des comptes, Laurence Boone, chef économiste de l'OCDE, Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS et Pierre Parneix, médecin de santé publique au CHU de Bordeaux. La mission a 6 mois pour rendre ses conclusions. Emmanuel Macron essaie d’être à l’initiative et de montrer qu’il ne craint pas une évaluation malgré les mises en cause de la gestion de l’épidémie.

L’objectif du président est d’afficher sa volonté de transparence. Et à l’Elysée, on l’affirme, cette initiative n’a rien d’exceptionnel : il est normal et « légitime », explique-t-on, que l’exécutif cherche à avoir un retour d’expérience indépendant. Une évaluation de la gestion de cette crise sanitaire inédite qui a révélé des « manquements » ; on se souvient des pénuries de masques et de tests notamment.

Une initiative critiquée par les oppositions mais présentée comme complémentaire et non concurrente de la commission d’enquête parlementaire qui a été lancée. Mais une initiative qui permettra sûrement aussi de faire entendre en contre-point une autre analyse, moins politicienne. Ce sont, en effet, des personnalités du monde scientifique et économique qui ont été choisies pour mener ces travaux, avec une feuille de route : donner une information « transparente, complète et lucide » aux Français.

Une mission qui a néanmoins une visée politique : renforcer la « confiance » des citoyens dans les institutions.

Emmanuel Macron a promis de tirer les enseignements de la crise. En prenant cette initiative, il espère montrer qu’il tient ses engagements et qu’il pense au monde d’après, car la mission doit aussi aider le pays à se préparer à affronter d’autres pandémies.