Coronavirus: 450 morts en France, où l'épidémie "s'aggrave rapidement"

CORONAVIRUS: LA FRANCE COMPTE 450 DÉCÈS, +21% EN 24 HEURES

PARIS (Reuters) - Les autorités sanitaires françaises n'ont pas exclu vendredi de prolonger le confinement en France face à "l'aggravation rapide" de l'épidémie de coronavirus, dont le dernier bilan est de 450 décès, contre 372 jeudi, soit une hausse de plus de 20% en 24 heures.

"Nous sommes devant une épidémie qui s'étend progressivement sur le territoire national et qui s'aggrave rapidement avec une circulation virale intense dans de nombreux territoires, sur la métropole en particulier", a déclaré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors de son point de presse quotidien.

Le nombre de cas confirmés en France est de 12.612, contre 10.995 la veille, soit une augmentation de 15%, a-t-il précisé.

Sur ce total, 5.226 personnes sont hospitalisées, dont 1.297 sont dans un état grave, en réanimation. La progression des cas graves est de l'ordre de 16% en 24 heures.

La moitié des personnes placées en réanimation ont moins de 60 ans, comme constaté la veille, a ajouté Jérôme Salomon. Concernant les décès, 87% d'entre eux concernent des personnes âgées de plus de 70 ans, a-t-il précisé.

Toutes les régions sont touchées, y compris l'outre-mer, a-t-il dit, citant le Grand Est, la Corse, l'Ile-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle Aquitaine parmi les régions les plus affectées.

"On attend un pic entre cinq et huit jours", a déclaré Jérôme Salomon et "10 à 22 jours pour connaître l'efficacité maximale du changement de comportement" de la population.

Des mesures drastiques de confinement sont en vigueur depuis mardi midi sur tout le territoire national, pour une durée fixée jusqu'ici à "au moins 15 jours", et le gouvernement a annoncé vendredi, veille de week-end, un durcissement des contrôles.


"DÉCALER AU MAXIMUM LES EFFETS DE LA VAGUE ÉPIDÉMIQUE"

"Notre objectif c'est d'atténuer, de décaler au maximum les effets de cette vague qui est en cours pour protéger les soignants de ville et protéger surtout les hôpitaux en termes d'accès aux réanimations", a expliqué Jérôme Salomon.

"Nous avons massivement déprogrammé, annulé des interventions (...), des actes ou des consultations. Tous les établissements sont mobilisés", a-t-il précisé.

En Ile-de-France, l'un des principaux foyers de contamination, le professeur Antoine Vieillard Baron, qui représente la collégiale des réanimateurs régionaux, se prépare à un afflux de patients dès le week-end.

"Le pic de l'épidémie, il est autour de début avril mais il n'est pas précis et on se prépare à traiter un afflux de malades très important dès ce week-end et la semaine prochaine", a-t-il dit.

"On travaille d'arrache-pied pour coordonner la montée en charge des lits de réanimation avec toutes les problématiques que cela implique. Cette montée en charge a pour objectif de pouvoir arriver à quasiment 1.000 lits de réanimation à l'Assistance publique dont 600 seraient dédiés au Covid", a-t-il précisé lors d'une téléconférence.

Martin Hirsch, le directeur de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) qui chapeaute une quarantaine d'établissements dans la région, a ajouté que 345 professionnels de l'AP-HP étaient positifs au coronavirus, dont trois sont hospitalisés et deux sont en réanimation.

Il a également précisé que les stocks permettaient actuellement de fournir des masques de protection aux personnels de santé, même si des "tensions" existent.

"Ce sont des denrées rares, c'est un objet précieux réservé aux professionnels de santé", a souligné Jérôme Salomon lors de son point de presse.

"Nous avons abordé cette épidémie avec un stock stratégique de 110 millions de masques chirurgicaux adultes et 40 millions de masques pédiatriques pour les enfants", a-t-il précisé.

"Depuis le début de la crise, nous avons livré 35 millions de masques pour répondre aux besoins urgents."

"En parallèle, l'Etat a passé une commande publique auprès de tous les industriels français. Actuellement les usines tournent 24 heures sur 24 et sortent environ 6 millions de masques par semaine, la production étant en constante augmentation."

Le gouvernement finalise des contrats qui permettront d'importer plusieurs centaines de millions de masques supplémentaires au cours des trois prochains mois, a encore précisé le directeur général de la Santé.


(Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse, avec Matthias Blamont, édité par Bertrand Boucey)