Coronavirus : un footballeur ghanéen a passé 74 jours coincé dans un aéroport en Inde

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74 jours coincé dans un aéroport

Pris au dépourvu par les mesures de confinement, Randy Juan Muller, un Ghanéen âgé de 23 ans, s’est retrouvé bloqué pendant plus de trois mois dans un aéroport de Mumbai...

Et dire qu’il avait pris ses précautions pour rentrer au pays plus tôt que prévu. Engagé depuis novembre dans un contrat de six mois avec l’ORPC Sports Club, dans le Kerala (sud de l’Inde), le footballeur ghanéen Randy Juan Muller a vu sa situation bouleversée à la mi-mars par la crise du coronavirus.

Aussitôt, le jeune homme âgé de 23 ans, a donc acheté un billet d’avion pour le Ghana, prévu pour le 30 mars à l’aéroport de Mumbai. Déterminé à ne pas rater son vol, il arriva dans la capitale de l'État du Maharashtra avec plusieurs jours d’avance.

Pris au piège

"J'ai entendu parler de la possibilité d'un confinement en Inde... alors je suis venu à Mumbai pour rester dans un dortoir en attendant mon vol”, raconte Randy Juan Muller à CNN. Son budget limité ne lui permettant pas de trouver un endroit où dormir, il demanda de l’aide : “J'ai raconté mon histoire à des policiers, ils m'ont dit d'aller à l'aéroport”.

Une bonne idée en apparence, qui allait devenir mauvaise trois jours plus tard, avec l’annonce du confinement national par le premier ministre Narendra Modi. Instantanément, les liaisons aériennes internationales furent interrompues et Randy Juan Muller se retrouva donc pris au piège dans l’aéroport.

Sauvé par la solidarité au sein de l’aéroport

Le jeune footballeur décida donc de rester sur place en attendant la réouverture des frontières et survécut grâce à la solidarité du personnel. “Les gens de l'aéroport ont été très serviables, témoigne l’intéressé. Ils m'ont donné de la nourriture et m'ont beaucoup aidé.”

Randy Juan Muller tenta bien de contacter le Consulat du Ghana à Mumbai, mais ce dernier ne put rien faire pour lui. Ce n’est finalement qu’au début du mois de juin, à la suite d’un appel à l’aide lancé sur Twitter et relayé par des journalistes indiens, que son cas a été pris en charge par le ministère du tourisme, qui l’héberge désormais dans un hôtel en attendant de pouvoir rentrer au pays.

“Je savais qu’un jour je rentrerais chez moi”

"Je n'ai jamais été inquiet parce que je savais qu'un jour je rentrerais chez moi, raconte le footballeur. J'ai essayé de rester fort et motivé... Il y a des choses dans la vie que l'on ne peut pas changer.” Randy n’exclut d’ailleurs pas de revenir en Inde pour un autre contrat.

Le jeune homme gardera en tout cas longtemps en mémoire ces 74 jours passés dans une bulle. “Je n'ai pas l'argent pour acheter un souvenir ou un cadeau, mais je pense que cette expérience en elle-même est le plus grand souvenir, explique-t-il dans une interview à The Indian Express, reprise par CNews. Si Dieu le veut, je retournerai au Kerala.”