Coronavirus: face au reconfinement, les Anglais affichent leur lassitude

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Au Royaume-Uni, l’Angleterre s’est reconfinée ce jeudi pour un mois dans l’espoir de ralentir la deuxième vague de coronavirus qui touche le pays. Si les écoles et universités restent cette fois-ci ouvertes, les cafés, pubs, restaurants et commerces non-essentiels doivent fermer

De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Les 56 millions d’Anglais sont priés de travailler de chez eux et ne doivent quitter leur domicile que pour faire de l'exercice, aller chez le médecin ou faire des courses alimentaires. Mais ce deuxième confinement commence à lasser les Britanniques.

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Dans les rues de nouveau quasi-désertes de Londres, l’ambiance est de plus en plus morose parmi eux. Ils déplorent le manque de cohérence du gouvernement : « C’est un peu triste et avec Boris Johnson en fait ce n’est pas clair, ça change tout le temps, ça change trop. Donc, les gens ne savent pas ce qu’ils vont faire et ça devient compliqué », dit un passant.

Pour apaiser la grogne ambiante, le ministre des Finances, Rishi Sunak a annoncé un prolongement jusque fin mars du mécanisme de chômage partiel. Il n’empêche, les entreprises s’alarment.

« C’est une réponse disproportionnée »

« C’est une réponse disproportionnée. Il ne restera pas grand-chose de l’économie quand ce sera fini et la cure sera bien pire que le mal. Pour moi ça n’a pas de sens », confie un commerçant qui a dû fermer son magasin de meubles. Pour lui, ce reconfinement est un cauchemar à l’approche des fêtes de fin d’année.

Beaucoup de Britanniques sont malgré tout résignés, notamment les personnes âgées. « Je sais que beaucoup de gens ne sont pas contents, mais c’est nécessaire. Et il aurait même fallu fermer le pays plus tôt. Mais le problème c’est que les deux principaux partis passent leur temps à se battre au lieu de travailler ensemble », note l’un d’entre eux.

C’est pourtant sous la pression de l’opposition travailliste que Boris Johnson a annoncé un essai de dépistage massif qui débute ce vendredi à Liverpool, l’une des villes les plus touchées par le virus et dont les quelque 500 000 habitants vont pouvoir être testés régulièrement, qu’ils présentent ou non des symptômes. Un dépistage qui s’il est concluant pourrait alors être déployé ailleurs dans le pays.

♦ Pour soutenir l’économie, le gouvernement britannique débloque de nouvelles aides massives

Pour le gouvernement de Boris Johnson, la priorité est de préserver les emplois durant la pandémie. Par conséquent, le ministre britannique des Finances Rishi Sunak a annoncé la prolongation du chômage partiel jusqu’au mois de mars, initialement il devait s’arrêter fin octobre, avant d’être reconduit au 2 décembre, dernier jour du reconfinement.

Le nouveau dispositif prévoit une hausse du montant de la prise en charge des salaires des employés contraints de rester chez eux. La prise en charge de l’Etat passe de 67 à 80% et le plafond mensuel est relevé de 2 100 livres à 2 500 livres.

Ces nouvelles conditions, plus avantageuses, ne devaient s’appliquer qu’à l’Angleterre. Mais face à l’inégalité de traitement avec le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Ecosse, reconfinés avant l’Angleterre et furieux de ne pas bénéficier du même soutien, les autorités britanniques ont décidé finalement d’étendre le dispositif à tous.

Alors que le choc du premier confinement a plongé le pays dans une récession historique, ces nouvelles dépenses obligent la Banque d’Angleterre à revoir ses prévisions. Elle table sur une contraction de 11% du produit intérieur brut contre 9,5% et n’envisage plus qu’un rebond que de 7,5% contre 9,5% initialement.

(RFI)