Coronavirus: face à la pandémie, le monde tente de pallier le manque de respirateurs

L’assistance respiratoire est indispensable pour traiter les cas les plus graves de coronavirus. Pour pallier le manque de respirateurs, un médecin italien a transformé des masques de plongée. L’idée est désormais reprise dans un hôpital belge.

L’Organisation mondiale de la santé exhorte les Etats à s’équiper de respirateurs. Mais en attendant que la production industrielle tourne à plein régime, des bricoleurs ingénieux ont transformé des masques de plongée de la marque Décathlon en appareil respiratoire. La matière première est abondante, on en trouve dans tous les magasins de sports. Decathlon dit en avoir 10 000 en stock et se déclare prêt à les mettre à disposition si nécessaire. Cependant, il faut modifier le masque pour l’adapter aux tubes utilisés dans les hôpitaux. Un problème auquel un médecin italien à la retraite, le docteur Renato Favero, a trouvé la solution.

Le médecin a contacté l'entreprise italienne Isinnova, spécialiste des projets innovants. Elle a ainsi pu concevoir la pièce manquante pour relier le masque de plongée au tube du respirateur grâce à imprimante 3D.

Des émules en Belgique

L'idée a fait des émules en Belgique où l’hôpital Erasme de Bruxelles vient lui aussi de mettre au point un prototype issu du même masque de plongée relié à une série de filtres et d’embouts branchés à une machine qui fournit de l’air pressurisé.

Le patient peut mieux respirer sans avoir recours à l’intubation. Ce masque serait, selon Frédéric Bonnier, kinésithérapeute aux soins intensifs d’Erasme, plus confortable que ceux des hôpitaux, mais il faudra attendre son homologation avant de le voir répliqué à des milliers d’exemplaires.

La high-tech israélienne se mobilise

En Israël, le secteur de la high-tech est lui aussi parti en guerre contre le coronavirus, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Le pays ne compte en tout qu’environ 2 800 respirateurs disponibles, selon le ministère de la Santé. C’est Rafael, un des leaders de l’armement en Israël, qui se mobilise pour développer le plus rapidement possible des dispositifs low-cost avec les ingénieurs qui ont mis au point le système de missiles anti-missiles Dôme de Fer.

Pour Erel Margalit, l'actuel patron de l’incubateur de cybertechnologie JVP, il faut faire vite et surtout mettre les ressources en commun. « Les gouvernements ne peuvent pas travailler seuls. Ils doivent travailler ensemble parce que le virus se propage. Les stratégies utilisées dans un pays avec succès pourrait réussir ailleurs également, mais l’information doit être partagée en temps réel », explique-t-il.

Besoins immenses aux Etats-Unis

Les besoins sont également immenses et les initiatives se multiplient aux Etats-Unis. Le gouverneur de New-York, Andrew Cuomo, a décidé d’acheter des milliers de respirateurs à main, similaires à celui qu’utilisent les pompiers (AirOx) pour les premier secours. Le problème, c'est qu'il faut, pour ventiler le patient, une main qui active la pompe 24 heures sur 24.

Le gouverneur envisage de faire appel à la Garde nationale pour assurer cette mission mais admet que cette solution ne peut être qu’un dernier recours. Il réclame toujours 30 000 respirateurs au gouvernement fédéral. Le président Trump continue de penser que le gouverneur Cuomo dramatise exagérément la situation.