Coronavirus: la Fédération française d'athlétisme réclame le report des JO

Le stade olympique national de Tokyo, le 9 mars 2020

Paris (AFP) - Le président de la Fédération française d'athlétisme (FFA), André Giraud, a réclamé dimanche auprès de l'AFP un report, au moins jusqu'à l'automne, des Jeux olympiques de Tokyo-2020 en raison la pandémie de coronavirus, appelant le Comité olympique français à "prendre position".

"Tout le monde sportif s'accorde à dire que les Jeux ne pourront pas se tenir aux dates prévues", a souligné André Giraud en faisant notamment référence aux puissantes fédérations américaines de natation et d'athlétisme, ainsi qu'à la fédération espagnole d'athlétisme, qui ont appelé samedi au report des JO.

"Envisageons, si la crise est endiguée d'ici fin mai, un report des Jeux à l'automne. Mais le plan C serait un report de 6 mois ou un an", a préconisé M. Giraud.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est quant à lui déclaré dimanche peu enclin à envoyer des sportifs au Japon pour les Jeux olympiques.

"Est-ce que j'ai vocation à demander la suspension des JO comme ministre de la Santé? Non. Est-ce que je me vois envoyer des athlètes aujourd'hui au Japon ou leur demander de se préparer dans de bonnes conditions? La réponse est non", a déclaré le ministre au Grand jury RTL-LCI-Le Figaro.

"On ne peut pas admettre que le CIO n'entende pas le sport olympique N.1", a pesté André Giraud en rappelant que le président de World Athletics, Sebastian Coe, ancien patron des JO de Londres en 2012, avait lui-même estimé jeudi que les JO-2020, programmés du 24 juillet au 9 août, pourraient être reportés.

Outre la préparation rendue impossible par le Covid-19, "comment réunir 11.000 athlètes dans moins de quatre mois dans le village olympique ?", s'est interrogé le patron de l'athlétisme français.

"Que le CIO dise "on envisage plusieurs solutions", ce serait déjà quelque chose", selon lui.

"Les athlètes sont dans une situation de stress et nous avons besoin de les rassurer. On ne peut plus attendre !", a-t-il martelé à l'adresse du CIO mais également du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

"J'en appelle au CNOSF, qu'il agisse auprès du CIO. Il faut une position nationale solidaire", a encore ajouté M. Giraud.

"Aux Jeux, l'équipe de France est sous la bannière du CNOSF. La responsabilité au niveau national incombe donc au président du CNOSF (Denis Masseglia, ndlr) d'écouter ses fédérations et de prendre position", a estimé M. Giraud.

"La position du CNO reflètera la positions des Fédérations", a répondu M. Masseglia à l'AFP en refusant de commenter plus avant pour "éviter les polémiques". Il a rappelé qu'il avait envoyé aux Fédérations un questionnaire sur ce sujet en demandant des réponses pour mardi afin d'en faire une synthèse et d'arrêter une position commune.

Le CIO maintient à ce jour sa volonté d'organiser les Jeux de Tokyo cet été. Mais il a commencé à consulter les comités nationaux olympiques (CNO) via un questionnaire sur l'impact de la crise du coronavirus sur la préparation aux Jeux.