Coronavirus: Les Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie

par Steve Holland et Jeff Mason
CORONAVIRUS: LES ETATS-UNIS, PAYS LE PLUS TOUCHÉ PAR LA PANDÉMIE

par Steve Holland et Jeff Mason

WASHINGTON/NEW YORK (Reuters) - Donald Trump va recevoir ce week-end de nouvelles recommandations sur les mesures à adopter contre le coronavirus, a indiqué jeudi le vice-président Mike Pence, alors que le nombre de cas aux Etats-Unis a dépassé les 82.000 selon un décompte de Reuters effectué sur la base de données officielles.

Avec 82.153 cas de contamination confirmés, les Etats-Unis sont devenus le pays le plus touché par la pandémie, devant la Chine (81.340 cas rapportés), où le nouveau coronavirus est apparu en décembre dernier, et l'Italie qui en est l'actuel épicentre en Europe avec 80.539 cas.

Le Covid-19 a causé au moins 1.206 décès sur le territoire américain, alors que les structures médicales manquent de respirateurs, de masques de protection et de tests de dépistage.

Donald Trump va recevoir au cours du week-end les recommandations de ses conseillers sur les prochaines mesures à adopter pour stopper le coronavirus et relancer l'économie américaine, a indiqué le vice-président Mike Pence.

Washington a annoncé le 16 mars des mesures nationales pour réduire les interactions sociales et professionnelles pendant quinze jours, avec la fermeture de commerces et écoles et l'interdiction des rassemblements de dix personnes et plus.

Alors que ces mesures destinées à endiguer la propagation du virus vont arriver à expiration, Donald Trump a pressé ces derniers jours pour une reprise de l'activité économique.

"Nous allons présenter ce week-end au président un éventail de recommandations (..)", a déclaré Pence lors d'un point de presse, ajoutant que Trump avait clairement exprimé sa volonté d'"ouvrir le pays. Mais nous allons faire ça de manière responsable".

Le chef de la Maison blanche, qui a répété que les Etats-Unis allaient vaincre ce virus, a dit qu'il fallait "reprendre le travail". "Notre population veut travailler", a poursuivi Trump, précisant qu'il souhaitait que l'activité économique reprenne d'ici le 12 avril pour Pâques.

Le Sénat américain a voté mercredi soir à l'unanimité un plan de soutien à l'économie de 2.000 milliards de dollars pour faire face à la crise sanitaire, avec des aides pour les travailleurs ayant perdu leur emploi et les industries affectées par le coronavirus, et des fonds pour l'achat de matériel médical. La Chambre des représentants devrait se prononcer ce vendredi sur le texte.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont explosé dans le pays la semaine dernière pour dépasser trois millions, un record absolu, du fait des restrictions instaurées pour endiguer la propagation du virus.


INQUIÉTUDES À NEW YORK ET LA NOUVELLE-ORLÉANS

Selon une projection réalisée par l'école de médecine de l'université de Washington sur la base de données gouvernementales, hospitalières et d'autres sources, le coronavirus pourrait tuer entre 38.000 et 162.000 personnes aux Etats-Unis au cours des quatre prochains mois et ne pas disparaître avant juin.

Les villes de New York, épicentre du coronavirus cette semaine aux Etats-Unis, et de la Nouvelle-Orléans s'inquiètent d'une possible surcharge des services de santé, avec un nombre insuffisant de lits d'hôpitaux et de médecins.

Tous les scénarios réalistes indiquent que la capacité du système de santé sera submergée, a déclaré le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, évoquant un déficit "astronomique" de respirateurs, cruciaux pour maintenir en vie les patients se trouvant dans un état critique.

"Ce n'est pas comme s'ils se trouvaient dans un entrepôt. Il n'y a pas de stock disponible", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, ajoutant que les experts s'attendaient à ce que le nombre de décès continue d'augmenter.

En Louisiane, le gouverneur John Bel Edwards a prévenu que la principale ville de l'Etat, la Nouvelle-Orléans, n'aurait plus de respirateurs à disposition d'ici au 2 avril et pourrait ne plus avoir de lits d'hôpitaux inoccupés d'ici au 7 avril si le taux d'infection n'était pas endigué rapidement.

"Il ne s'agit pas d'une conjoncture, d'une théorie à la légère. C'est ce qui va se passer", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Quelque 80% des patients en soins intensifs en Louisiane nécessitent désormais un respirateur, contre 30% à 40% en temps normal, a prévenu le directeur du groupe hospitalier de l'Etat.


(Maria Caspani à New York, avec Gabriella Borter, Doina Chiacu, Susan Heavey, Nathan Layne et Dan Whitcomb; version française Jean Terzian)