Coronavirus: en Espagne, une décontamination au pas de charge

En Espagne, l’état d’urgence est prolongé de quinze jours et les opérations de décontaminations des maisons de retraite, des hôpitaux de campagne ou des locaux densément peuplés se poursuivent. Environ 10 000 opérations de ce type ont été réalisées par les services de l’armée depuis le 14 mars, et malgré la désescalade, le rythme reste très soutenu. 

De notre envoyée spéciale à Madrid, Véronique Gaymard 

À la base aérienne de Torrejon, la UME, l’unité militaire d’urgence, se prépare à intervenir, comme elle le fait tous les jours. « Ce qu’on désinfecte, ce sont tous les extérieurs, les accès, les rampes, de toutes les maisons de retraites et du mobilier urbain, explique le brigadier Rodrigo Lozano. Dans les maisons de retraite, on désinfecte les zones critiques où stationnent les ambulances, les services funéraires, et puis les buanderies, pour que ça ne soit pas des zones où s’accumulent le Covid-19. »

Le gros camion rouge de la UME se positionne devant un grand bâtiment pour personnes âgées en banlieue de Madrid qui en a fait la demande, démarre un groupe électrogène sur sa plateforme arrière et propulse par fumigation des litres de produits désinfectants dans un grand vacarme.

Puis, c’est au tour du hall 14 du centre des expositions de Madrid, l'Ifema, qui accueille environ 200 personnes sans abri. Le camion fait des grands cercles, et une équipe de nettoyeurs en combinaison blanche s’attaque aux détails. « Dans les zones que le camion ne peut pas atteindre - les douches, les toilettes, etc - c’est nous qui les désinfectons manuellement. »

Mais la première vague n’est pas terminée, insiste le brigadier Rodrigo Lozano, et les interventions continuent. « Depuis qu’on a été mobilisés, on n’a pas arrêté, même si on note une désescalade, notre rythme de travail reste intense. »