Coronavirus : une enzyme rendrait les hommes plus vulnérables que les femmes

Les hommes ont statistiquement 2,5 fois plus de chances que les femmes d'attraper une forme grave de la Covid-19 (Photo : Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images)

Alors que les chiffres montrent que les hommes ont plus de chances que les femmes d’être gravement infectés par le SARS-CoV-2, une étude européenne montre que cet écart pourrait être dû à une particularité physiologique des individus masculins.

L’une des spécificités de la pandémie actuelle de Covid-19 est qu’elle touche plus durement les hommes que les femmes. Sur ce point, les statistiques sont de plus en plus incontestables, une récente étude ayant notamment démontré que les hommes sont 2,5 fois plus susceptibles de souffrir d’une forme grave du coronavirus et d’en mourir.

Comment expliquer un écart aussi conséquent ? Une première piste d’explication vient d’être soulevée par des chercheurs européens, qui se sont intéressés au rôle d’une enzyme présente dans le sang humain, l’ACE2 (enzyme de conversion de l'angiotensine 2).

Une enzyme utilisée par le coronavirus pour infecter les poumons

L’étude menée par le Professeur Adrian Voors, de l’Université de Groningue (Pays-Bas), et par d’autres cardiologues, s’appuie sur un travail débuté avant le début de la pandémie, et dont l’objectif était de “mesurer les concentrations d'ACE2 dans des échantillons de sang prélevés sur plus de 3 500 patients atteints d'insuffisance cardiaque dans 11 pays européens”, selon Gulf News.

Or, ces dernières semaines, cette fameuse enzyme a été identifiée comme l’un des vecteurs permettant au coronavirus d’infecter les cellules des poumons. À la lecture des résultats des différentes études sur le sujet, le Professeur Voors et ses collègues ont ainsi été amenés à étudier sous un nouvel angle les résultats de leur propre recherche.

“Lorsque nous avons découvert que l'ACE2, l'un des biomarqueurs les plus puissants, était beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes, j'ai réalisé que cela pouvait expliquer pourquoi les hommes étaient plus susceptibles de mourir du Covid-19 que les femmes", raconte ainsi le Docteur Iziah Sama, autre membre de l’Université de Groningue ayant participé à l’étude.