Coronavirus en France: Macron et Philippe se mobilisent face aux polémiques

Avant de s'envoler pour Naples, Emmanuel Macron était ce jeudi matin 27 février à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Une visite pour soutenir les soignants mobilisés face à l'épidémie de coronavirus. Une « séquence » coordonnée avec son Premier ministre Édouard Philippe, qui recevait dans le même temps les principaux responsables politiques. Objectif : éviter que la potentielle crise sanitaire ne devienne politique.

C’est la première fois que le président intervient ainsi publiquement sur ce dossier. Emmanuel Macron se montre en tant « chef de guerre contre le virus ». « On a devant nous une épidémie qui arrive, lance-t-il. On sait que certains pays sont d’ores et déjà beaucoup plus touchés que nous. Cela suppose de s’organiser à chaque étape, sans doute différemment et on va devoir l’affronter au mieux avec la vie qui continue. »

Le président de la République a longuement dialogué devant les caméras de télévision, car l'objectif était également bien sûr de faire de la pédagogie, à l'heure où les Français s'inquiètent. « Il faut à la fois avoir une information transparente afin que l’on puisse s’organiser sans que cela crée d’effet de panique injustifiée », a souligné le chef de l'État.

Emmanuel Macron s'est ensuite livré au jeu des questions-réponses avec les blouses blanches. « Ça ne sert à rien de porter le masque ? », leur a-t-il demandé. « Dites-nous quand c'est utile et quand ça ne l’est pas ». La visite a permis une bonne heure d'explications sur le risque épidémique et surtout les conduites à tenir.

Injecter plus de moyens dans les hôpitaux publics

Mais Emmanuel Macron n'aura pas échappé à la grogne des personnels hospitaliers mobilisés depuis 5 mois pour réclamer plus de moyens. Les médecins n'ont pas mâché leurs mots, les échanges ont été parfois très directs : « Si 10 millions de personnes sont contaminées, on va manquer de personnel » a fait valoir un médecin.

Un neurologue membre d'un collectif pour la défense de l'hôpital public a interpellé le président. Il a tenu à rappeler les conditions dans lesquelles l'hôpital se prépare à affronter l'épidémie. « Les personnels soignants sont extrêmement impliqués et ils l'ont déjà prouvé dans le passé. Le risque est grand, pas seulement du fait qu’on ne sait pas comment l’épidémie va évoluer, mais parce que le système des hôpitaux publics est actuellement en partie sinistré. »

Ce neurologue a rappelé l’importance d’injecter plus de moyens, afin que les personnels soignants puissent s’occuper des lits. Des moyens « urgentissimes », selon lui. « Sans injection de moyens rapides, nous ne pourrons pas faire face à ce type de crise et je pense qu’il est de la responsabilité des tutelles en général et du président de la République qui est le protecteur de l’ensemble de la nation d’assumer ce rôle, tout de suite. »

Le président a promis de nouveaux moyens. « Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi », a conclu Emmanuel Macron.

Réunion à Matignon

Dans le même temps, Édouard Philippe recevait à Matignon les principaux responsables politiques du pays, présidents de parti et de groupe parlementaire : Marine Le Pen pour le Rassemblement national, Damien Abad, Gérard Larcher, le patron du Sénat pour la droite, Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens pour la France insoumise.

À l'évidence, l'exécutif cherche à afficher à la fois sa bonne coordination sur le dossier du coronavirus et sa volonté de faire toute la transparence. Une réponse à la demande qui a été formulée il y a deux jours par le patron des socialistes, Olivier Faure.

Que s'est-il dit à cette réunion ? Il s'agissait d'informer, mais aussi de répondre au début de polémique. Des polémiques lancées notamment par Marine Le Pen qui demande depuis deux jours des contrôles aux frontières pour limiter la propagation du virus, et ce malgré l’efficacité douteuse, selon les scientifiques et l’exécutif, d’une telle mesure. Marine Le Pen est toutefois restée silencieuse à son arrivée à Matignon. Le Premier ministre devrait peut-être s’exprimer à l’issue de la réunion.

Rencontre vendredi avec les partenaires sociaux

Les ministres du Travail Muriel Pénicaud et de la Santé Olivier Véran ont invité les organisations syndicales et patronales à une réunion « pour faire le point » sur le coronavirus et les « mesures à prendre dans les entreprises ». Elle se tiendra vendredi au ministère du Travail.