Coronavirus et données personnelles: pas d'initiative gouvernementale, confirme Ndiaye

Sibeth Ndiaye à Paris le 18 mars 2020

Paris (AFP) - La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a confirmé mercredi que le gouvernement n'avait lancé aucune "initiative" à base de données personnelles contre l'épidémie de coronavirus et en était au stade d'une "recherche d'informations" au niveau international.

Le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O avait indiqué à l'AFP mardi soir que le gouvernement n'avait pour l'instant aucun projet d'applications à base de données personnelles pour lutter contre la pandémie.

"Nous n'avons aujourd'hui aucune initiative gouvernementale plus avancée que ce que je vous dis: cette recherche d'informations à l'échelle internationale", a déclaré la représentante du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres.

"Entre ce qui a été mis en place dans des pays asiatiques, à Singapour, en Corée du Sud" et "ce qui est en cours de réflexion manifestement dans un certain nombre de pays européens, il s'agit de comprendre très précisément de quoi on nous parle, et également de vérifier l'intérêt sanitaire que ça peut avoir, compte tenu de l'ensemble de la stratégie que nous mettons en œuvre", en particulier celle visant "à organiser la fin du confinement", a développé Mme Ndiaye.

Dans plusieurs pays, des applications numériques reposant sur les données des smartphones ont été utilisées dans la lutte contre la pandémie, au risque parfois d'être particulièrement intrusives.

En Chine, des applications utilisant notamment les données de géolocalisation permettent ainsi aux Chinois d'attester du niveau de leur risque supposé auprès des autorités.

En France, l'Elysée a mis en place mardi Care, un nouveau comité de chercheurs et médecins, pour conseiller le gouvernement dans la lutte contre le virus. Un de ses axes de réflexion porte sur "l'opportunité de la mise en place d'une stratégie numérique d'identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées", en utilisant les technologies numériques.

Sibeth Ndiaye a en outre jugé "légitime, s'agissant de questions de cette nature, qu'il y ait un débat public, politique", parce que "ce sont évidemment des éléments, dès lors qu'on touche à la protection des données personnelles, auxquels ce gouvernement est particulièrement attaché".