Coronavirus: décès de Patrick Devedjian, ancien ministre et député

Il est le premier responsable politique national victime de l'épidémie de coronavirus. L'ancien ministre Patrick Devedjian est décédé dans la nuit de samedi à dimanche du coronavirus à l'âge de 75 ans. Il était depuis 2007 président du Conseil général des Hauts-de-Seine, en région parisienne.

Diagnostiqué positif au Covid-19, Patrick Devidjian avait été placé en observation mercredi 25 mars dans un hôpital du département. Encore stable vendredi, selon son entourage, son état s'est rapidement dégradé hier samedi.

Ministre de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy

L'annonce de sa disparition a rapidement fait réagir des personnalités politiques de tous bords, de Anne Hidalgo, maire de Paris qui salue son engagement pour la cause arménienne - Patrick Devedjian est le fils d'un réfugié arménien arrivé en France en 1919-, à Gérard Larcher, président du Sénat, qui fait part de sa « grande tristesse ». Beaucoup de ceux qui l’ont connu saluent un homme libre et courageux, un esprit subtil et cultivé, lui qui était passionné de peinture française.

Né en 1944 à Fontainebleau, Patrick Devidjian était une figure de la vie politique française. Membre d’un groupe d’activistes d’extrême-droite dans les années 60, il se rapproche de la droite gaulliste et inscrit ses pas dans ceux de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy, deux présidents dont il fut ministre.

Avocat de formation

Ministre délégué aux Libertés locales, puis ministre délégué à l'Industrie, dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac, cet avocat de formation rêve d'être Garde des Sceaux. Proche de Nicolas Sarkoy, il espère décrocher le Graal lors de l'élection à la présidence de ce dernier. Las, il ne fait pas partie du premier gouvernement Fillon, ouvert aux centristes et aux prises à gauche. Il rejoindra l'équipe plus tard, en charge du plan de relance lancé en réponse à la crise financière.

Patrick Devidjian a aussi succédé à Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP puis des Hauts-de-Seine, l'un des départements les plus riches de France, dont il fut député puis président du Conseil général. Il s'agissait pour lui de « nettoyer les écuries d'Augias », lançait-il provocateur. Patrick Devedjian était surnommé le « ministre de la parole » au sein de la droite. « Je préfère les petites phrases assassines aux grands discours creux », disait ce sarkozyste de la première heure, qui avait a ensuite pris ses distances avec l’ancien chef de l’Etat...

Dans son dernier tweet, jeudi, Patrick Devedjian assurait qu’il « remontait la pente »... et remerciait les médecins qui l’avaient pris en charge.

 

avec AFP