Coronavirus: Couvre-feu à 18h00 partout en France, annonce Castex

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CORONAVIRUS: COUVRE-FEU À 18H00 PARTOUT EN FRANCE, ANNONCE CASTEX

PARIS (Reuters) - Le couvre-feu dès 18h00 sera étendu samedi à toute la France pendant au moins 15 jours, a annoncé Jean Castex jeudi lors d'une conférence de presse qui a acté l'accélération de la campagne de vaccination contre le COVID-19, ouverte lundi prochain aux personnes fragiles et aux plus de 75 ans.

"Il apparaît que cette mesure a une efficacité sanitaire", a expliqué à propos du couvre-feu le Premier ministre, qui était entouré de six autres membres du gouvernement pour ce point hebdomadaire sur l'épidémie qui a fait plus de 69.000 morts dans le pays.

"La situation sanitaire n'exige pas que nous mettions en place un nouveau confinement. Si nous constatons une dégradation épidémique forte, nous serions conduits sans délai à un nouveau confinement", a-t-il toutefois prévenu, alors que plusieurs pays d'Europe sont de nouveau sous cloche.

Tous les lieux recevant du public, commerces compris, sont concernés par le couvre-feu à 18h00 qui concernait jusqu'à présent 25 départements métropolitains de l'Est et du Sud-Est.

Face à une situation épidémique "maîtrisée" mais "fragile", selon les termes de Jean Castex, la vigilance va s'accroître dans les écoles, qui resteront ouvertes, avec un protocole sanitaire renforcé dans les cantines et la suspension des activités sportives en intérieur. Le gouvernement a fixé comme objectif d'effectuer 300.000 tests par semaine dans les établissements scolaires.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé pour les lycées la prolongation au-delà du 20 janvier de l'enseignement en mode hybride, en présentiel et à distance. Depuis début novembre, "les deux tiers des lycées sont rentrés dans ce fonctionnement et cela fonctionne", a-t-il dit.

AIDES MAINTENUES POUR LES RESTAURATEURS ET LES ENTREPRISES

Sa collègue de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a constaté pour sa part la situation "extrêmement difficile" des 2,7 millions d'étudiants "qui ont le sentiment que la crise sanitaire a volé leurs plus beaux moments".

Pour faire face au mal-être, le nombre de psychologues en milieu étudiant sera doublé ce semestre. Dans l'enseignement supérieur, le gouvernement autorisera "à partir du 25 janvier la reprise par demi-groupes des travaux dirigés des élèves de première année puis, si la situation sanitaire le permet, aux étudiants des autres niveaux".

Alors que l'épidémie flambe ailleurs, Jean Castex a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières, qui obligera à partir de lundi tout voyageur en provenance d'un pays extérieur à l'Union européenne à se soumettre à un test PCR avant de venir en France.

Pour les voyageurs en provenance de l'UE, un cadre de coordination sera élaboré par les ministres en vue du Conseil européen du 21 janvier, a dit le Premier ministre.

Les variants plus contagieux observés à l'origine au Royaume-Uni et en Afrique du Sud sont présents sur le territoire national, a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Alors que le nombre de personnes vaccinées atteint 318.000 selon les chiffres officiels, le gouvernement a confirmé l'accélération de la campagne dédiée, qui a commencé fin décembre à un rythme lent, plaçant le gouvernement sous le feu des critiques.

À partir de lundi, 800.000 personnes considérées comme vulnérables pourront se faire vacciner dans quelque 700 centres. Olivier Véran a cité les personnes traitées pour un cancer, atteintes de trisomie, souffrant d'insuffisance rénale sévère ou ayant subi une transplantation d'organe.

En comptant les personnes de plus de 75 ans, qui pourront elles aussi se faire vacciner à partir du 18 janvier, 6,4 millions de Français seront appelés à se faire vacciner dès lundi, a détaillé le ministre.

Pour prendre rendez-vous, les Français sont invités à consulter le site www.sante.fr http://www.date.fr. Un numéro de téléphone, le 0800.009.110, est mis en place à partir de vendredi matin 08h00.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a fait savoir que le dispositif d'aide en vigueur, via un fonds de solidarité, durera "aussi longtemps que cela sera nécessaire."

Le remboursement des prêts garantis par l'Etat accordés pour soutenir les entreprises frappées par la crise sanitaire pourra être différé d'une année supplémentaire.

Bruno Le Maire a précisé à destination des restaurateurs que la vente à emporter et les livraisons à domicile ne seraient pas intégrées dans le calcul du chiffre d'affaires pour prétendre au fonds de solidarité.

Hors coûts liés à l'activité partielle, les aides publiques coûteront 4 milliards d'euros par mois, a-t-il précisé.

(Elizabeth Pineau, Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)