Coronavirus : confinez-vous avec grâce, bande d’incultes

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Que raconterons-nous, plus tard, de cette étrange expérience collective ? Quelles images surnageront-elles, quels faits marquants dans les récits dont nous abreuverons les générations futures ou dans les documentaires qui ne manqueront pas de fleurir ? Il faudra certainement enjoliver un peu, parce que ça risque de manquer de panache, notre grande guerre à nous.

Les paysans du Xème siècle avaient les Vikings remontant la Seine et les grandes compagnies. Ceux du XVIème siècle ont vu mourir de la peste un tiers de la population européenne. Nos arrières-grands-parents ont eu coup sur coup la Première Guerre mondiale et la grippe espagnole. Quelques millions de morts, tout de même. Nous, nous restons enfermés un mois avec droit de visite chez Michel-Edouard Leclerc, et le livreur Amazon qui sonne. Heureusement que nous avons un Président qui a le sens du décorum pour donner un peu de tenue à tout ça...

LA SÉLECTION SOCIALE REPREND SES DROITS

Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.

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