Coronavirus : le confinement, un point positif pour la planète

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Cette année, le “jour du dépassement de la Terre” devrait se produire le 22 août, soit trois semaines plus tard que l’an dernier.

Plus de 3 milliards de personnes, soit un habitant sur deux, a été confiné pour faire face à la pandémie de Covid-19. Un ralentissement forcé de l’activité humaine qui a fait du bien à la planète. Selon un institut de recherches international, Global Footprint Network, le “jour du dépassement de la Terre” recule.

Cette date symbolique, qui marque le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année, devrait avoir lieu le 22 août 2020, alors qu’elle a eu lieu le 29 juillet 2019. Un recule de trois semaines qui s’explique par le confinement, détaille le rapport du Global Footprint Network.

La Terre déficitaire depuis les années 70

Un net recule qui tranche avec la tendance observée depuis des dizaines d’années. Dans les années 1960, la Terre était encore excédentaire. En 1970, cette date se déroulait début janvier, puis le 1er octobre à la fin des années 1990, et début août depuis les années 2010.

Evolution du jour du dépassement de la Terre depuis 1970.

Un résultat salué par le président de l’institut : “Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer”, explique Mathis Wackernagel, qui précise toutefois que les données sont moins précises cette année “en raison des incertitudes liées à l’impact du Covid-19”.

Une réduction des émissions de CO2 de 12,5%

Le Global Footprint Network estime qu’en 2020, l’empreinte carbone va reculer de 14,5% comparé à l’an dernier. Un résultat obtenu en estimant, sur la base des données de l’Agence internationale de l’énergie, que la consommation d’énergie allait reculer de 9,5 % sur la période allant du 1er janvier au “jour du dépassement” comparé à 2019, ce qui entraînerait une réduction des émissions mondiales de CO2 de 12,5 % sur la même période.

Le rapport de Global Footprint Network prévoit également une diminution de 8,4 % de l’empreinte forestière. La baisse de la demande en bois de construction a mécaniquement réduit les abattages des arbres. En revanche, selon l’institut, l’empreinte alimentaire ne devrait pas évoluer. Car si le confinement a réduit la consommation dans les pays riches, la production ne s’est pas adaptée, entraînant un gaspillage alimentaire. Selon ce rapport, il faudrait en 2020 1,6 planète Terre pour subvenir aux besoins de l’humanité.