Coronavirus : le confinement a-t-il apaisé les relations entre les frères et les sœurs ?

Coronavirus : le confinement a-t-il apaisé les relations entre les frères et les sœurs ?

Selon une étude menée au Royaume-Uni, les relations entre les frères et soeurs ont été davantage détendues pendant le confinement. Explications.

Pendant deux mois, tous les Français ont vécu confinés. Limitation des déplacements, écoles fermées, copains tenus à distance, activités sportives annulées, les enfants ont souvent trouvé le temps long. Heureusement, ils ont pu compter sur leurs frères et sœurs pour occuper les journées. Et il semblerait que, dans certaines familles, le confinement ait aussi eu quelques avantages. 

Une étude menée au Royaume-Uni sur près de 500 familles s’est intéressée aux relations entre les frères et les sœurs. Disputes ou complicité naissante, comment les familles ont vécu ce confinement ? D’après les premières conclusions de cette étude rapportées par CNN, les deux tiers des familles ont déclaré des relations fraternelles plus solides. Une famille sur cinq a signalé une augmentation des conflits. Selon Claire Hughes, professeur de psychologie du développement au Centre for University of Cambridge's, des choses bénéfiques peuvent découler du coronavirus. “Le message que nous recevons est que les frères et sœurs se mobilisent et se reconnectent les uns avec les autres”, rapporte la scientifique.

Tous dans le même bateau

Pour expliquer ces résultats, Claire Hughes rappelle que les relations fraternelles sont inédites. En effet, il s’agit de relations où les différentes personnes ne se sont pas choisies mais où les liens sont généralement durables. “Ils vous connaîtront à fond, et cette histoire partagée peut être vraiment précieuse lorsque vous traversez une crise”, illustre la spécialiste. Elle rappelle également l’importance des frères et des sœurs dans le développement des enfants, la capacité à gérer les émotions et à appréhender les conflits. Citée par CNN, Laurie Kramer, professeur de psychologie appliquée à la Northeastern University, précise que les relations entre les frères et les sœurs sont davantage durables que les autres : “Ils peuvent résister à beaucoup de négativité. Des choses qui ne voleraient pas dans une amitié. Vous perdriez une amitié, mais votre frère est là le lendemain”.

Pendant le confinement, les émotions ont souvent été exacerbées. “Nous ne sommes pas tous dans le même bateau dans cette pandémie, mais la personne qui est dans le même bateau est votre frère. Et ils sont aussi dans votre bateau de manière générationnelle”, décrit Alison Pike, professeure de psychologie de l'enfant et de la famille à l'Université du Sussex au Royaume-Uni. Souvent pendant cette crise sanitaire exceptionnelle, les parents ont également eu davantage de temps à accorder à leur progéniture. L’occasion pour toute la famille de se retrouver, se créer de nouveaux souvenirs et s’entraider.