Coronavirus : la communication pitoyable du gouvernement

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La crise sanitaire que nous traversons est la révélatrice de toutes les autres : sociale, économique, financière, politique, culturelle, idéologique. Elle fonctionne, à ce titre, non seulement comme une maladie collective (ne jamais oublier que pandémie et démos partagent, par nature, le même radical étymologique) mais aussi comme un symptôme dont il importera, le moment venu, d’analyser ce qu’il a à nous dire et d’en tirer tous les enseignements.

Une parole disqualifiée

Or, s’il est un aspect de la gouvernance actuelle dont cette crise manifeste avec fracas l’ineptie, c’est bien celui de la parole publique et de ses choix communicationnels, totalement et durablement disqualifiés, à la fois cause et conséquence d’un immense déficit de confiance, particulièrement préjudiciable en la circonstance.

Plus précisément, le choix de la communication en lieu et place de l’action publique, en leurre ou en dissimulation de celle-ci, produit désormais le spectacle d’un pathétique et coupable naufrage. Être "fiers d’être des amateurs" s’accommode mal de l’Art de la guerre.

Nul doute que tous les pays qui pratiquent de la sorte sont peuplés d’imbéciles heureux

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter chaque matin une déclaration de Sibeth N’Diaye, la porte-parole du gouvernement, et l’on peut être sûr que la réalité démontrera l’inverse le soir même, à la manière implacable d’une grenouille météo inversée. C’est par exemple elle qui le matin qualifiera de "fake news" les rumeurs de confinement de la population lorsque cette décision (indispensable) sera annoncée, à mots certes euphémisés, une douzaine d’heures plus tard par Emmanuel Macron. Et que ce dernier se rassure : les Gaulois, même réfractaires et illettrés, comprennent parfaitement ce mot.



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