Coronavirus: la Chine en pleine course aux vaccins et en manque de cas pour ses tests

Des chercheurs de l’Académie de médecine de Chine ont annoncé ce dimanche 21 juin avoir entamé une deuxième phase d’essais humains, rejoignant trois autres laboratoires chinois qui travaillent également sur un vaccin contre le Covid-19. Pour l’instant, difficile d’aller plus loin localement. Le pays de Xi Jinping ne dispose pas suffisamment de cas pour passer à des tests à grande échelle. Même à Pékin où la récente flambée épidémique est sous contrôle, selon les autorités sanitaires.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Cinq vaccins contre le coronavirus sont en cours d’essais clinique en Chine - sur une douzaine dans le monde. Trois d’entre eux ont terminé leurs essais de phase II, selon le ministère chinois des Sciences et des Technologies. Ce devait être aussi le cas bientôt pour le vaccin mis au point par l’institut de biologie médicale de l’Académie chinoise des Sciences médicales. Cette dernière, après avoir terminé la phase 1 auprès de 200 volontaires, a commencé ce week-end des tests sur les doses à prescrire.

Pour la suite en revanche, c’est plus compliqué. À Pékin, les nouveaux cas de contaminations se comptent sur les doigts de la main. « Nous ne pouvons pas passer à la 3ème phase, tout simplement parce que le nombre de contaminés est insuffisant, explique Tao Lina, expert en vaccins joint par téléphone à Shanghai. Même à Pékin, le taux d’infection est trop faible. Nous devons donc travailler avec des pays confrontés à un plus grand nombre de cas. »

Afin d’évaluer si le vaccin peut sans danger provoquer des défenses immunitaires chez des personnes en bonne santé, ces tests dits de phase III à grande échelle sont nécessaires. 9 000 volontaires devraient ainsi participer à l’essai mené au Brésil par l’entreprise biopharmaceutique chinoise Sinovac Research & Development.

Un vaccin pour la fête nationale

« La courbe des contaminations continue de croitre au Brésil, et je pense qu’il faudra deux mois pour comparer les tests entre ceux qui ont été vaccinés et ceux qui se sont vu administrer un placébo, prévoit Tao Lina. Ces résultats permettront de calculer l’indice de protection du vaccin. Si cette phase III au Brésil se passe bien et si on est optimiste, un vaccin pourrait être prêt en octobre. »

Un vaccin pour la fête nationale chinoise le 1er octobre ? On peut rêver. L’événement est en tous cas très attendu, d'autant que beaucoup en Asie du Nord-Est et parmi les experts chinois redoutent une deuxième vague de pneumonie virale à l’automne.

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