Coronavirus : en Chine, le calvaire des ours pour traiter le Covid-19

·3 min de lecture
Comme un ours en cage (Crédits AFP/AFP via Getty Images)
Comme un ours en cage (Crédits AFP/AFP via Getty Images)

Des milliers d’ours sont torturés pour produire un remède contre le Covid-19 en Chine. Le but est de prélever leur bile pour composer un remède traditionnel. Les organisations environnementales s’insurgent.

Un paradoxe cruel. Il y a quelques semaines, Pékin interdisait la vente d’animaux sauvages pour se nourrir, conséquence de la pandémie de coronavirus qui aurait débuté avec un pangolin. Mais fin mars, la Commission Nationale de Santé Publique a recommandé l’utilisation de bile d’ours pour soigner les malades critiques du Covid-19. La bile d’ours, utilisée avec de la corne de chèvres en poudre et des herbes médicinales, entre dans la composition du Tan Re Qing, un remède tiré de la médecine traditionnelle chinoise. Une situation “ironique et tragique” pour les militants de la cause animale, cités par l’AFP, quand on pense que le SARS-CoV-2 provient précisément du commerce et de la consommation d’animaux sauvages.

Une méthode cruelle dans un marché lucratif

L’exploitation des ours dans de le cadre de la médecine traditionnelle est répandu en Chine : plus de 20 000 ours sont encagés dans des conditions sordides selon Kirsty Warren, de World Animal Protection. Qui évalue le marché de la bile d’ours à “plus d’un milliard de dollars”. L’exploitation de la bile est légal en Chine, mais les produits dérivés ne peuvent être exportés à l’étranger selon la Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d'extinction, dont la Chine est signataire.

“Le principe actif de la bile d’ours, l’acide ursodésoxycholique, est déjà synthétisé en laboratoire, donc même s’il est populaire, il ne devrait pas y avoir besoin de bile d’ours dans les ingrédients du remède”, se lamente Richard Thomas de l’ONG Traffic. D’autant que la méthode d’extraction de la bile est particulièrement cruelle : immobilisés dans de petites cages en l’air, les ours ont l’abdomen perforé pour y insérer un cathéter relié à leur vésicule, qui récupèrera la bile.

La bile de l'enfer (Crédits STR/AFP via Getty Images)
La bile de l'enfer (Crédits STR/AFP via Getty Images)

Règles et habitudes

En février, la Chine avait déclaré une interdiction immédiate et globale du commerce et de la consommation d’animaux sauvages, une décision saluée par les organisations environnementales. En 2000, des mesures similaires avaient été prises après la crise du SRAS, mais elle n’avait pas été suivi d’effet dans le temps. Espérons que la leçon soit désormais retenue.

Officiellement, la pandémie de Covid-19 a fait moins de 4 000 morts en Chine, et près de 70 000 victimes dans le monde à ce jour.

TOUT SAVOIR SUR LE CORONAVIRUS

>> Comment attrape-t-on le Covid-19 ?
>>
Pour qui le Covid-19 est-il dangereux ?
>>
Quels sont les symptômes du Covid-19 ?
>>
Pourquoi la création d'un vaccin prend autant de temps ?
>>
Pourquoi parle-t-on de "cluster" ?
>>
Comment parler du Covid-19 à ses enfants ?

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles