Coronavirus: c'est l’agilité citoyenne qui a le mieux répondu à la crise

Claire Laurence

Pour la première fois, atteints dans nos chairs et confinés dans nos maisons, nous éprouvons au quotidien les mécanismes de la globalisation. Que le planétaire et l’intime soient si irrémédiablement liés est inédit; la crise du coronavirus jette une lumière crue sur un système qui nous dépasse et nous emporte. Ce phénomène, sans précédent, interroge impérieusement la capacité du politique à agir. Pour ma part, engagée dans la construction de l’écologie politique, j’y vois l’obligation de sortir du déni; j’y vois aussi la promesse d’un changement profond de modèle. 

La force du local

Pour les citoyens que nous sommes, le défi paraît insurmontable. Pourtant, face à un système globalisé qui nous échappe, la capacité d’innovation et d’action du “local” est bien réelle! Et le rôle des collectivités est crucial car l’atout premier des territoires est l’immédiateté: nul besoin d’attendre le monde d’après pour agir! L’équation entre l’inertie du mécano institutionnel État-Europe-Monde et la crise écologique est insoluble sans le ressort des territoires. La transition dont nous parlons commence donc par la base.

 

Grâce à la mobilisation des acteurs locaux, l’écoute et le respect des personnes prennent le pas sur le mécanisme administratif de solidarité souvent trop rigide et, par conséquent, peu inclusif.

 

Chaque territoire, s’il est le réceptacle d’une mécanique plus globale -où atterrissent les investissements financiers, les circuits d’approvisionnements, les normes alimentaires et sanitaires, les modèles d’habitat et d’urbanisation–, n’en est pas moins émetteur de sa propre mécanique. Des marges potentielles de régulation du global par le local existent. Explorons-les! Pour ouvrir la voie d’une transition écologique, commençons par ouvrir les yeux! 

La crise comme levier

Dans l’instabilité et le dérèglement apparaissent également des bribes de solutions, de nouvelles façons de faire et de vivre. Depuis le début de l’épidémie du covid-19, à Bagnolet, où je vis, les...

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