Coronavirus : en côte d'Ivoire, l'impossible confinement ?

Les enfants n'ont plus école depuis dix jours en Côte d'Ivoire. Malgré la menace du Covid-19, leurs habitudes ont peu changé, entre parties de football et tâches domestiques. Les plus grands ont bien retenu les règles à respecter. "On m'a conseillé de bien me laver les mains et de ne pas m'approcher de mes amis, de rester à un mètre d'eux", témoigne Issouf, élève de CM2.. Mais ces règles de préconisation sont difficiles à respecter dans un pays ou près la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour l'heure, seul l'état d'urgence et le couvre-feu ont été décrétés. Ignace Mensa se rend à son travail chaque matin, au port d'Abidjan, en empruntant les taxis communaux. Une fois chez lui, la promiscuité avec ses voisins est également constante. "Il y a treize portes autour de la cour commune", explique-t-il. Au total, une cinquantaine de personnes habitent là, y compris les enfants. On ne peut pas vivre séparés les uns des autres". Cette promiscuité alimente la psychose. "On ne sait pas qui est atteint du virus et qui ne l'est pas, reconnait Amandine Koffi, une mère au foyer de ce quartier défavorisé. On ne sait pas comment vivre avec les personnes malades. Vraiment, on ne sait pas". Des interrogations partagées par la majorité de la population ivoirienne. Pour le sociologue, la précarité n'est pas le seul facteur qui pourrait empêcher un confinement de la population. "On ne vit jamais seul en Afrique, commente Francis Akindes. c'est considéré comme une pauvreté humaine. Mais imaginez un parent malade, la réaction sera alors de courir à son chevet". En Côte d'Ivoire, vivre à distance est un luxe que beaucoup ne peuvent pas s'offrir.