Brésil, Mexique, Iran, Afrique du Sud : ces pays où le coronavirus frappe encore très fort

Le coronavirus frappe encore très durement certains pays. L'Afghanistan a enregistré un nombre de cas record le 4 juin.

Si le coronavirus est “sous contrôle” en France, tous les pays n’en sont pas là. Tour d’horizon.

Brésil

C’est notamment le cas au Brésil. Le pays est sévèrement touché depuis de longues semaines, mais l’obstination du président Jair Bolsonaro à traiter le virus comme un simple “petite grippe” n’a pas permis d’enrayer les contaminations. Ce 5 juin, le Brésil est devenu l’un des pays qui enregistre le plus de nouveaux cas par jour, avec plus de 1 500 contaminations quotidiennes.

Une accélération de l’épidémie qui a propulsé le pays au deuxième rang mondial en terme de nombre de cas - près de 615 000. Le Brésil déplore également plus de 34 000 morts, ce qui en fait le troisième État le plus endeuillé derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. Ces chiffres seraient en réalité largement sous-estimés, selon les spécialistes sur place, comme le rapporte Le Monde.

Miguel Lago, directeur de l’institut d’études de politique sanitaire, a d’ailleurs exprimé son inquiétude sur la situation. “Nous allons assister à l’effondrement des hôpitaux dans presque tous les états. Je pense que le pire est à venir”, estime-t-il dans The Guardian.

Malgré ces chiffres toujours inquiétants, le président d’extrême droite continue de fustiger les mesures de distanciation sociale et de quarantaine. “On ne peut pas continuer comme ça. Les dommages collatéraux seront bien plus grands que ces personnes qui ont malheureusement perdu la vie ces trois derniers mois”, a-t-il déclaré ce 5 juin. Des propos qui montrent que le chef de l’État brésilien n’a pas l’intention de changer sa politique, malgré la hausse des contaminations.

Mexique

Le Mexique fait lui aussi face à une vague très sévère de Covid-19. En quelques jours, les chiffres ont été multipliés par quatre. Le pays est passé de 500 nouveaux cas par jour le 2 juin, à 2 000 le lendemain. Le gouvernement a précisé que toutes les nouvelles contaminations enregistrées ne dataient pas du jour même, mais devaient être attribués aux semaines précédentes.

En tout, le pays compte désormais plus de 100 000 cas et plus de 12 500 morts. Une situation qui serait, là encore, bien loin des réalités. L’État est accusé de cacher des centaines voire des milliers de décès liés au Covid-19 dans la capitale Mexico, comme l’ont expliqué des médecins locaux au New York Times.

Autre élément inquiétant, qui laisse supposer que la crise est sans doute bien plus grave qu’il n’y paraît : le taux de dépistage reste très bas dans le pays. D’ailleurs, de nombreuses personnes meurent avant de pouvoir être testées, décrit le Washington Post.

Malgré des signes évidents de hausse de la contamination, le président Andrés Manuel López Obrador a estimé que le pays avait eu “de la chance que la pandémie n’arrive pas ici en premier, ce qui nous a laissé du temps pour nous préparer”. Il a, par ailleurs, demandé aux habitants de ne pas céder à la peur tout en fustigeant les médias d’avoir dévoilé les derniers chiffres de l’épidémie.

Afghanistan

L’Afghanistan fait également face à une impressionnante hausse du nombre de cas de Covid-19. Comme l’a expliqué The Guardian dans son direct du jour, 60% des tests effectués le 4 juin se sont avérés positifs. Les nouvelles contaminations de ces dernières 24 heures concernent principalement Kaboul et la province de Helmand, au sud du pays. Un résultat d’autant plus inquiétant que la capacité de tests est encore très faible, ce qui pourrait, là aussi, présager d’un nombre bien plus important de cas.

D’ailleurs, selon l’International Rescue committee, “entre 80 et 90% des cas potentiels ne sont pas testés. L’Afghanistan a l’un des taux de tests positifs les plus élevés (40%) des pays où l’IRC travaille, ce qui laisse penser qu’il y a un très grand nombre de cas non détectés”. Pour l’heure, le pays compte officiellement près de 19 000 cas.

L’International Rescue committee s’inquiète également de l’état des infrastructures sanitaires, très affaiblies par des décennies de guerre, qui ont donc du mal à faire face à la situation. La plupart des hôpitaux n’ont pas le matériel pour soigner le Covid-19 et renvoient chez eux les patients qui présentent des symptômes.

Iran

La situation de l’Iran a ceci de particulier que le pays semble être au coeur d’une deuxième vague. Alors que l’épidémie s’était stabilisée à la fin du mois d’avril - le pays était redescendu à moins de 1 000 nouveaux cas par jour - les contaminations ont repris de plus belle en mai, pour atteindre désormais des sommets. L’Iran vient d’enregistrer plus de 3 500 nouvelles infections en 24 heures ce 4 juin. Un record selon Al Jazeera, après trois jours consécutifs à plus de 3 000 cas supplémentaires quotidiens.

À partir de ce 7 juin, le pays devrait pourtant voir une partie de ses restrictions levées. Les mosquées et églises pourront rouvrir leurs portes, ainsi que les restaurants et cafés.

Afrique du Sud

L’Afrique du Sud traverse actuellement un pic de contamination aussi soudain qu’inédit. Le pays avait été relativement épargné jusqu’au début du mois de mai, qui a vu l’épidémie gagner en intensité. Depuis le 27 mai, l’Afrique du Sud oscillait entre 1 500 et 1 700 nouveaux cas par jour. Mais ce 4 juin, près 3 300 contaminations supplémentaires ont été enregistrées.

Le pays compte désormais près de 41 000 cas de Covid-19, soit presque un quart de l’ensemble des contaminations du continent africain, comme le rapporte The Guardian. La grande majorité des cas détectés se situent dans la très touristique province du Cap-occidental, où se situe la ville du Cap, dont les hôpitaux sont désormais submergés.

La pandémie n’est donc pas encore éteinte, même si elle se calme dans certaines régions du monde.

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