Coronavirus: Le bilan en Chine s'alourdit à 41 morts, plus de 1.200 cas

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Coronavirus: Le bilan en Chine s'alourdit à 41 morts, plus de 1.200 cas

CORONAVIRUS: LE BILAN EN CHINE S'ALOURDIT À 41 MORTS, PLUS DE 1.200 CAS

PEKIN (Reuters) - Le bilan du coronavirus en Chine s'est alourdit à 41 morts, a annoncé samedi la Commission nationale de santé, après que 15 nouveaux décès dus à l'épidémie ont été recensés dans la province du Hubei, où le virus est apparu le mois dernier.

Le président chinois a réuni samedi un politburo exceptionnel pour évoquer la propagation du virus et reconnu que le pays faisait face à une "situation sérieuse".

La progation du coronavirus "accélère", a encore déclaré Xi Jinping.

Les autorités chinoises ont pris des mesures de confinement dans plusieurs villes de la région, au moment où devaient débuter pour une semaine les festivités du Nouvel an lunaire.

Selon le dernier bilan arrêté à la date de samedi, 1.372 cas ont été répertoriés depuis que l'épidémie s'est déclarée à Wuhan, dans le centre du pays. Un marché de fruits de mer qui vendait illégalement des produits est suspecté d'être à l'origine du virus.

La chaîne de télévision publique China Global Television Network a rapporté samedi sur Twitter qu'un médecin qui s'occupait à Wuhan de patients contaminés par le coronavirus était mort à cause du virus.

On ne sait pas pour l'heure si ce décès a été comptabilisé dans le bilan annoncé plus tôt par les autorités.


CONFINEMENT

Wuhan, ville de 11 millions d'habitants, a été placée à l'isolement, avec l'annulation de près de la totalité des vols et l'installation de points de contrôles routiers sur chaque axe permettant de quitter la ville.

Des mesures de confinement similaires ont été prises à l'encontre d'une dizaine de villes situées à proximité de Wuhan dans le but de contenir l'épidémie.

Les autorités chinoises ont en outre suspendu sine die l'ensemble du réseau de bus reliant Pékin aux provinces du pays à compter de dimanche, espérant réduire le risque de propagation du virus et ordonné l'annulation de tous les voyages organisés, en Chine et à l'étranger.

La quasi-totalité des cas ont été signalés en Chine, mais le coronavirus a aussi été détecté en Thaïlande, à Singapour, au Japon, en Corée du Sud, aux Etats-Unis et, tout dernièrement, en France et en Australie où quatre cas ont été confirmés.

Le ministère français de la Santé a annoncé vendredi que trois premiers cas de coronavirus ont été confirmés, deux à Paris et l'un à Bordeaux.

Selon le South China Morning Post, les autorités consulaires françaises commencent à organiser l'évacuation par bus des ressortissants français et de leurs conjoints et enfants chinois présents à Wuhan.

Les Etats-Unis ont quant à eux décidé d'affréter un avion chargé d'évacuer leurs ressortissants et le personnel diplomatique, rapporte le Wall Street Journal.


AUCUN DECES HORS DE CHINE

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé jeudi qu'il était prématuré de considérer cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, mais elle a dit surveiller son évolution minute par minute.

Aucun décès n'a été rapporté hors de Chine.

Dans un communiqué publié samedi matin, les autorités sanitaires de la province du Hubei ont indiqué que 180 cas supplémentaires avaient été répertoriés, portant le nombre de patients ayant contracté le virus à 752 dans la province.

A Pékin, la Commission nationale de la santé a annoncé samedi avoir formé constitué six équipes médicales, composées au total de 1.230 membres, et envoyé trois d'entre elles à Wuhan.

Le virus, qui continue de muter selon les autorités chinoises, provoque de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, des symptômes communs à d'autres pathologies qui rendent le diagnostic difficile.

Trois équipes distinctes de chercheurs vont se lancer dans la mise au point d'un vaccin contre le nCoV-2019, selon la Coalition pour l'innovation en matière de préparation aux épidémies (CEPI), qui précise que l'objectif est d'obtenir au moins un vaccin potentiel en phase d'essais cliniques d'ici le mois de juin.

Certains experts veulent croire que ce nouvel agent pourrait être moins virulent que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), un coronavirus à l'origine d'une précédente épidémie, également apparue en Chine, qui avait fait près de 800 morts en 2002-2003.


(Sophie Yu, Se Young Lee, Judy Huan Roxanne Liu et Yileu Sun; version française Jean Terzian et Nicolas Delame)