Coronavirus au Liban: un reconfinement au goût amer pour les restaurateurs

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Face à l'augmentation du nombre de cas de coronavirus, le gouvernement libanais a annoncé un reconfinement provisoire à l'occasion des fêtes de l'Aïd, du 30 juillet au 10 août. Les mesures sont particulièrement appliquées au secteur du tourisme, les boîtes de nuits, plages et restaurants. Ce secteur est déjà touché de plein fouet par une crise économique historique qui prive les Libanais de leur pouvoir d'achat.

Avec notre envoyée spéciale à Beyrouth, Oriane Verdier

Mardi soir, le moral était au plus bas dans les restaurants de Beyrouth. Le confinement n'est encore que partiel, mais le réputé restaurant Dar al-Gemeize est pratiquement vide. Son manager, Ahmad, prend même le temps de s'asseoir pour discuter. Les récentes annonces sont un nouveau coup de massue.

« Nous sommes très inquiets parce que les gens ont déjà peur de venir au restaurant, même de sortir simplement, explique-t-il. Surtout ici dans les restaurants libanais, les gens d'habitude viennent fumer le narguilé, et le narguilé est déjà interdit. Donc ça nous impacte déjà beaucoup comme vous pouvez le voir. Normalement l'été, on est plein de 18h à la fermeture et là le restaurant est vide. À cause de la crise politique et économique, et à cause du coronavirus. »

En effet, les seuls clients sont un couple d'amis de la propriétaire du restaurant. Pour eux, ces nouvelles mesures ne sont qu'un détail par rapport à la catastrophe que vit aujourd'hui le Liban.

« Déjà, on est en crise économique et le coronavirus, c’est la cerise sur le gâteau. Je crois que l’État stresse sur le coronavirus pour faire oublier l’essentiel. Il faut que le gouvernement nous quitte et que quelqu’un de plus sérieux vienne prendre en charge ce pays. C’est un beau pays, il ne le mérite pas d’être gouverné par des gens pareils. »

Pour Ana Maria, ces nouvelles mesures ne font de toute façon aucun sens. Selon elle, au lieu d'embêter les commerçants libanais, le gouvernement devrait fermer l'aéroport pour empêcher le virus d'entrer sur le territoire.