Coronavirus: au Liban, réouverture des bars et restaurants dans le cadre du déconfinement

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Le Liban entame ce lundi 22 mars sa quatrième et dernière phase de déconfinement avec la réouverture des bars et des restaurants. Les établissements déjà pris à la gorge par les confinements à répétition, l’explosion du 4 août dernier dans le port de Beyrouth qui avait détruit beaucoup d’entre eux, et la crise économique peuvent enfin rouvrir leurs portes aujourd’hui. Mais avec un certain nombre de règles très contraignantes, trop diront certains restaurateurs.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Pour le restaurant Tawlet, un établissement très populaire du quartier de Mar Michael à Beyrouth, cela devait être le grand jour : celui de la réouverture au public, après 3 mois de confinement. Mais finalement son patron Kamal Mouzawak a décidé de ne pas accueillir de clients ce midi.

« On est sur une réouverture aujourd’hui des restaurants au Liban, mais avec beaucoup de limites bien sûr. La capacité doit être réduite à 30 % aujourd’hui. Mais surtout, on doit avoir des séparations entre les tables. Comme la livre a chuté, une planche de plexiglas vaut plus qu’un mois de salaire pour un employé. Le restaurant est prêt, tout est prêt, mais on ne va pas servir à manger », explique-t-il.

Projet humanitaire

Le patron craint aussi que les Libanais n’aient plus vraiment le cœur, ni l’argent, à venir déjeuner chez lui. Mais ses cuisines continuent de tourner malgré tout, car en pleine crise économique, Kamal Mouzawak a décidé de mettre son savoir-faire au service des plus démunis.

« C’est un projet qu’on a tout simplement avec le Covid-19 pour les médecins et les infirmières en ligne de front mais qu’on a institutionnalisé après l’explosion du 4 août où il y avait un besoin imminent de distribution alimentaire. Donc, c’est une soupe populaire et plus de 2 000 repas que nous distribuons gratuitement par jour », poursuit-il.

Un projet humanitaire que le restaurateur aimerait bien voir s’arrêter rapidement, si l’économie libanaise repart. Mais pour l’instant, l’effondrement continue : le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a triplé en un an.