Coronavirus : « Au CHU de Nancy, la digue tient »

Propos recueillis par Jérôme Vincent
Les hôpitaux se sont complètement réorganisés, jour après jour, depuis l'apparition de l'épidémie de Covid-19

INTERVIEW. « Nous tenons », assure Christian Rabaud, chef du service d'infectiologie du CHU lorrain, mais « le nombre d'hospitalisations double tous les 3 jours. »


L'épidémie liée au nouveau coronavirus progresse globalement d'est en ouest. Toute la stratégie française déployée dans cette « guerre » contre cet « ennemi invisible, insaisissable » consiste, simultanément, à tenter d'abaisser sur la durée le nombre de personnes contaminées afin que le système de soins puisse toutes les prendre en charge, et à bâtir des digues capables d'absorber ce choc. Les hôpitaux se sont complètement réorganisés, semaine après semaine, jour après jour, depuis deux mois. La « digue » de Nancy est en ce sens capitale : entre le plus intense foyer épidémique hexagonal du Haut-Rhin, avec ses établissements de Mulhouse et de Colmar submergés, et la Champagne-Ardenne, puis l'Île-de-France, il faut qu'elle tienne. Nous nous sommes entretenus lundi matin avec le professeur Christian Rabaud, le président de l'assemblée des médecins du CHU lorrain et chef de son service d'infectiologie.

Le Point : Quelle est la situation au CHU de Nancy, êtes-vous saturés, êtes-vous débordés ?

Christian Rabaud : Non. En tout cas, pas encore. Nous tenons. Nous majorons les capacités chaque jour, en particulier en réanimation, et pour l'instant, nous courons encore avec un temps d'avance sur l'épidémie. La journée d'hier en réanimation a été correcte, sans surchauffe. Dans le même temps, nous avons vu augmenter de façon importante le nombre de patients testés positifs (Covid+) aux urgences, en unité de pré-hospitalisation et devant être hospitalisés en médecine. À un moment, il y avait embouteillage. Ça a été réglé. D'ici 48 à 72 heures, nous savons que nous devrons transférer 10 à 20 % de ces patients en réanimation, car leur état va se dégrader. Nous sommes en capacité de le faire. Nous avons même un petit répit : auparavant, nous devions prendre (...) Lire la suite sur LePoint.fr

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