Coronavirus : Allemagne, Belgique, Espagne... l'inquiétude d'une deuxième vague plus forte que la première grandit

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En Belgique, la deuxième vague du coronavirus s'annonce au moins aussi sévère que la première. C'est le cas dans d'autres pays européens.
En Belgique, la deuxième vague du coronavirus s'annonce au moins aussi sévère que la première. C'est le cas dans d'autres pays européens.

En Allemagne, en Belgique ou encore en République Tchèque, la deuxième vague du coronavirus s’annonce au moins aussi sévère que la première.

Et si la deuxième vague du coronavirus était encore pire que la première ? Alors qu’elle grimpe de manière lente mais inéluctable en France, au point que les hôpitaux sont déjà sous tension, elle progresse plus vite chez certains de nos voisins européens. Au point de leur faire craindre une situation au moins aussi terrible qu’au printemps dernier.

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C’est notamment le cas en Belgique. Le taux d’incidence est l’un des plus élevés d’Europe, juste après celui la République Tchèque, avec 90 nouveaux cas par jour pour 100 000 habitants, selon les données du New York Times. Par comparaison, ce chiffre est de 38 en France, 30 en Espagne 30 et 29 au Royaume-Uni.

Les hôpitaux “engorgés” en Belgique

Les hospitalisations en lien avec le coronavirus ont presque doublé en une semaine et le nombre de morts est également en hausse sur cette même période, rapporte La Voix du Nord. “Nos hôpitaux sont engorgés [...]. Les chiffres sont aussi élevés qu’ils ne l’étaient au mois de mars”, s’inquiétait déjà, le 16 octobre dernier, le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet. La pression est telle que des patients hospitalisés à Bruxelles doivent déjà être répartis dans d’autres provinces.

Pour tenter d’endiguer cette reprise de l’épidémie, la Belgique a mis en place un couvre-feu entre minuit et six heures, le 16 octobre, et a décidé de fermer ses bars et restaurants, précise La Voix du Nord. Mais face à des chiffres toujours aussi alarmants, le gouvernement envisage de prendre des mesures encore plus drastiques. “Je pense que nous aurons probablement un autre confinement à la fin de la semaine prochaine si la tendance ne s'inverse pas d'ici là”, a prévenu Yves Van Laethem, porte-parole en charge des questions liées au Covid-19, ce 22 octobre sur la chaîne LN24 TV, comme le rapporte France Info.

La barre du million franchie en Espagne

La situation n’est guère plus rassurante en Espagne. Le pays a été le premier d’Europe à franchir la barre symbolique du million de cas de Covid-19 enregistrés depuis le début de l’épidémie, le 21 octobre. Le nombre de nouveaux décès quotidiens tourne autour des 150 à 200 depuis la fin du mois de septembre.

Comme c’est notamment le cas en France, les personnes atteintes par le coronavirus sont dans l’ensemble plus jeunes que lors de la première vague, mais la crainte de voir les hôpitaux saturer ne fait que se renforcer au vu des nouvelles contaminations, d’autant que le personnel est épuisé par les précédents mois. “Il va y avoir des semaines très difficiles, l’hiver arrive, la seconde vague n’est plus une menace, c’est une réalité dans toute l’Europe”, a averti Salvador Illa, le ministre de la santé, mardi 20 octobre, selon 20 Minutes.

Des mesures ont pourtant déjà été prises il y a plusieurs semaines, notamment à Madrid, bouclée depuis début octobre comme huit communes voisines. Le 15 octobre, les bars et restaurants de Catalogne ont été fermés, et des mesures restreignant les déplacements non nécessaires ont été prises dans certaines villes et régions du pays.

Mais ces décisions pourraient bien être arrivées trop tardivement et manquer d’homogénéité, puisque ces questions sont en grande partie à nouveau gérées par les régions autonomes, comme le rappelle Le Monde.

Situation “très grave” en Allemagne

En Allemagne, la situation “est très grave” ont averti les autorités de Santé ce 22 octobre, selon l’AFP. Le pays a enregistré plus de 11 000 nouveaux cas en 24h ce jeudi, selon des chiffres de l'institut de veille sanitaire Robert Koch. Du jamais vu dans le pays.

Évidemment, comme pour la France, cette hausse massive s’explique notamment par le fait que les tests sont beaucoup plus nombreux qu’au printemps dernier. Cependant la différence entre ces deux périodes, en Allemagne, n’a rien à voir avec chez nous. Car, de l’autre côté du Rhin, le dépistage massif a commencé très tôt. La différence de tests réalisés chaque jour va du simple au double entre avril dernier et octobre en Allemagne, alors que ce chiffre a été multiplié par 18 pour ces mêmes périodes en France.

La chancelière, Angela Merkel, souhaite que des mesures strictes soient mises en place dans le pays. Le 17 octobre, elle a d’ailleurs demandé aux allemands de rester chez eux autant que possible et d’éviter les voyages et les rassemblements non nécessaires. Par ailleurs, le gouvernement va recruter 10 000 personnes supplémentaires pour gérer le suivi des cas contacts.

Mais ce qui pourrait poser problème, c’est que la gestion des mesures restrictives revient aux différents Landers, et non pas au gouvernement national. Une façon de faire qui n’avait pas posé de problème à l’Allemagne lors de la première vague. Le pays s’en était bien sorti, notamment en prenant des mesures très tôt, en misant sur une communication transparente. Le gouvernement avait également opté pour une concertation avec les villes, les États, et même l’opposition, afin d’appliquer des mesures allant dans le même sens sur l’ensemble du pays, décrypte The Guardian. Mais l’absence de restrictions nationales pourrait justement poser problème lors de cette deuxième vague, analyse CNBC, et la rendre finalement plus difficile à gérer que la première.

La République Tchèque submergée

La République Tchèque, de son côté, est complètement débordée par l’épidémie et connaît ce qui s’apparente plus à une première vague qu’à une deuxième, tant les indicateurs sont sans commune mesure avec le printemps dernier. Le pays enregistre plus de 100 nouveaux décès par jour depuis le 20 octobre, alors que ce chiffre dépassait rarement les 10 au printemps dernier, selon les données officiels. Quant aux contaminations, elles explosent littéralement depuis le début du mois d’octobre.

Le pays enregistre d’ailleurs la hausse la plus forte d’Europe, avec 94 nouveaux cas pour 100 000 habitants par jour, selon les données New York Times. Le 21 octobre, le gouvernement a décidé de fermer la plupart des commerces - sauf les pharmacies et les commerces d’alimentation - et demandé de limiter les déplacements et de réduire les rassemblements (hors du lieu de travail et du foyer) à deux personnes, rapporte Reuters.

Par ailleurs, un hôpital militaire est en construction à Prague, précise France Info. Des lits d’hôpitaux ont été ouverts et les soins non urgents ont été déprogrammés. Pour autant, le ministre de la Santé, Roman Prymula, redoute une saturation des hôpitaux dès le début du mois de novembre, selon Reuters.

Les prochaines semaines risquent donc d’être décisives dans une bonne partie de l’Europe.

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