Coronavirus aux États-Unis: l’embarras de plus en plus palpable de la conseillère Deborah Birx

Deborah Birx, 64 ans, docteure en médecine spécialisée en immunologie, est depuis le 27 février dernier coordonnatrice de la réponse de la Maison Blanche face au Covid-19. Un rôle prépondérant qui l’expose cependant aux déclarations parfois hasardeuses de Donald Trump.

La situation devient de plus en plus compliquée pour Deborah Birx, qui doit impassiblement écouter les suggestions du président américain. Et l’épisode vécu jeudi dernier, le 23 avril, va certainement laisser des traces. Donald Trump n’avait alors pas hésité à parler d’injecter du désinfectant pour lutter contre le coronavirus. Les caméras des chaînes de télévision s'étaient alors tournées vers la coordonnatrice de la réponse de la Maison Blanche au coronavirus, dont le visage trahissait l’incompréhension et la stupéfaction.

Si elle a refusé de critiquer le président, Deborah Birx a estimé tout de même ce dimanche que ces déclarations éclipsaient des informations importantes au public américain.

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Il faut préciser que ce médecin ne s’exprime pas souvent depuis le début de la crise. Mais quand Deborah Birx le fait, ses mots sont bien choisis pour éviter tout quiproquo. Tout l’inverse de ce à quoi elle assiste depuis le début de l’épidémie du coronavirus lorsque Donald Trump tient ses conférences de presse.

Une spécialiste du sida

Deborah Birx est une cartésienne. Fille d’une infirmière enseignante et d’un mathématicien, également ingénieur électronique, ce docteur en médecine n’aime pas « l’à peu près ». Pour preuve : elle s’est très vite tournée vers l’immunologie, en se concentrant sur la recherche d'un vaccin contre le sida. On est alors dans la deuxième moitié des années 80, au plus fort de cette autre épidémie.

Après cette étape, Deborah Birx devient directrice du programme de recherche sur le VIH de l’armée américaine. Un poste qu’elle quittera avec le grade de colonel après avoir contribué à diriger l'essai clinique d’un vaccin contre le VIH. En 2014, Barack Obama la nomme coordinatrice mondiale de la lutte contre le sida aux États-Unis. Lors de son audition devant le Sénat, elle affichera l'objectif ambitieux de mettre fin à l’épidémie avant 2030.

Finalement, c’est une autre épidémie qui va l’amener à changer de voie suite à la découverte du Covid-19. Le 27 février dernier, Mike Pence, le vice-président américain la nomme coordinatrice de la réponse de la Maison Blanche au coronavirus. Un poste prestigieux, mais dans l’ombre de Donald Trump, qui ne semble pas suivre ni écouter les conseils des scientifiques qui l’entourent.

Eviter les tensions avec Trump

Si depuis le début de la crise, Deborah Birx restait plutôt silencieuse, ce dimanche, à l’occasion d’une interview accordée à CNN, elle n’a pas hésité à critiquer les médias, trop concentrés sur les déclarations de Donald Trump et qui omettent selon elle des informations capitales pour les Américains.

Cette intervention dans les médias vise surtout à éviter de créer des tensions supplémentaires avec le président, mais cela cache mal l’agacement de Deborah Birx quant à la gestion par la présidence américaine de cette épidémie sans précédent.